RENCONTRE AVEC SÉBASTIEN BUSIRIS ET GÉRALD GAUTIER, REPRÉSENTANTS SYNDICAUX – FÉDÉRATION DES EMPLOYÉS ET CADRES FORCE OUVRIÈRE (FEC FO)

Sébastien Busiris et Gérald Gautier sont respectivement secrétaire général et secrétaire fédéral commerce de la Fédération des employés et cadres FO (FEC FO). Pour ALLO Alex, ils ont généreusement accepté de répondre à quelques questions et nous font part de l’importance d’ouvrir le dialogue pour mieux concilier maladie et travail.

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ? 

Sébastien Busiris : Je suis Sébastien Busiris. J’ai 49 ans, je suis secrétaire général de la Fédération des employés et cadres FO (FEC FO) depuis 2018 ancien secrétaire fédéral de la section banques et sociétés financières. 

Gérald Gautier : Je m’appelle Gérald Gautier, j’ai 47 ans, je suis secrétaire fédéral section commerce FEC-FO et salarié de l’entreprise La Halle.

Pourquoi vous semble-t-il important d’ouvrir le dialogue avec vos représentants pour mieux concilier maladie et vie professionnelle? 

G.G. : Cela me semble important car j’ai été confronté pendant ma carrière professionnelle via mon entourage, au traitement de ces problématiques. Désociabilisation, difficultés de retour au poste, charges de travail inadaptées et gestion de la fatigue et conciliation avec la vie du quotidien (avant, pendant et après le traitement).

S.B.  : Oui, cela est très important car la maladie fait malheureusement partie de la vie des salariés et il est très important de pouvoir les informer et les accompagner dans ces épreuves difficiles. La maladie ne se limite malheureusement pas à la sphère personnelle, elle est présente au travail également, et à chaque étape de la maladie l’accompagnement est important.

Les représentants du personnel ou délégués syndicaux ont-ils un rôle à jouer selon vous ? Et si oui, lequel ? 

S.B. : Oui, ils sont là pour aider le salarié, l’accompagner et l’informer de ses droits et moyens d’accompagnement et d’aménagement de son travail. De plus, dans certains cas, le salarié va plus vers les délégués que sa direction… Les IRP (CSE) (1) peuvent également jouer un rôle important dans l’accompagnement car elles gèrent également le volet « social et activités sociales » dans l’entreprise.

G.G.: Oui, en proposant un accompagnement spécifique et personnalisé de ces personnes, avant, pendant et après le traitement (les 3 phases de la maladie sont très différentes et engendrent des actions d’accompagnement spécifiques). Il est donc fondamental d’être formé pour pouvoir mieux appréhender ces phases et accompagner au mieux les malades.

Le syndicat et la branche commerce sont-ils confrontés à des difficultés particulières ? 

G.G. : Non. À mon sens, le traitement de cette question s’envisage à un périmètre plus large que le commerce (et donc national), sachant que quelques problématiques liées au traitement (dégradation physique par exemple : perte de cheveux notamment) engendrent des difficultés notables avec l’accueil du public. 

S.B. : Pour l’heure les branches ne me font pas remonter des difficultés particulières mais il faut dire que le sujet est peu ou pas abordé dans les branches malheureusement.

Et à l’échelle nationale ? 

S.B. : Non, mais cela serait une bonne chose. C’est l’ensemble du monde du travail qui est concerné donc toutes les branches.

Quel message aimeriez-vous donc partager aux employeurs par rapport au sujet ?

G.G. : C’est important d’accompagner le retour du salarié dans l’entreprise : sensibilisation des équipes et collègues de travail (pour éviter toute stigmatisation, maladresses de langage etc.) D’avoir à l’esprit que le retour peut s’accompagner d’une fatigue : l’employeur doit avoir à l’esprit de ne pas trop surcharger le travail du salarié revenant de longue maladie et doit organiser le travail en amont. Enfin, redonner confiance au salarié et l’envie de reprendre son poste après une longue absence et recréer le lien avec les collègues.

S.B. : Le sujet est complexe et difficile mais il y a urgence à ouvrir plus encore le dialogue au sein des branches professionnelles et des entreprises pour mieux concilier maladie et travail. En étant très attentif au respect du secret médical et en évitant toute discrimination nous devons mieux encore accompagner les salariés dans la maladie et dans le retour au travail. Il faut également mieux assurer le suivi du retour au travail avec un accompagnement et un soutien mieux adapté à chaque cas et à chaque type de pathologie.

 


(1) Les IRP sont les institutions représentatives du personnel. Depuis le 1er janvier 2020, le CSE est l’unique institution représentative du personnel.