RENCONTRE AVEC NATHALIE

Nathalie travaille dans le secteur bancaire. C’est en 2019 qu’elle apprend qu’elle est atteinte d’un cancer du sein. Après la phase lourde de ses traitements et l’isolement dû à la COVID-19, elle reprend le travail à temps partiel malgré certains effets secondaires liés à l’hormonothérapie. Aujourd’hui, elle continue à vouloir progresser dans son métier et a le souhait d’accompagner des personnes plus jeunes dans leur développement personnel. Pour ALLO Alex, elle revient sur les différentes étapes de la maladie et nous parle de ses projets.

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ? 

Je m’appelle Nathalie. J’ai 46 ans. J’ai deux enfants : un garçon de 13 ans et une fille de 16 ans. J’habite à Bordeaux depuis sept ans. J’ai toujours travaillé dans le monde de la banque. On m’a diagnostiqué un cancer du sein en 2019.

Qu’est-ce qui vous anime au quotidien et dans l’exercice de votre métier ?

Au quotidien, j’aime les relations sociales, les amitiés. J’aime rencontrer de nouvelles personnes et se faire rencontrer les personnes. Dans le monde professionnel, c’est aussi les relations interpersonnelles qui sont les plus importantes pour moi. J’apprécie de travailler dans une bonne ambiance et de sentir que j’apporte quelque chose à mes collègues et à l’entreprise.

Comment s’est passée l’annonce de la maladie ? 

Je rentrais d’un magnifique voyage sur l’île de la Réunion. C’était une époque de bonheur après deux années difficiles personnellement et professionnellement. Quand je suis rentrée on m’a annoncé le cancer du sein d’une collègue. J’étais profondément attristée pour elle. Puis deux jours après, je surprenais une masse dans mon sein droit. La stupeur. J’ai ensuite enchaîné les rendez-vous médicaux et le diagnostic a été confirmé deux semaines après. Un mois après, je me faisais opérer la première fois. Cette période a été à la fois longue et rapide. Je continuais à travailler mais j’avais la tête ailleurs. Puis le chirurgien m’a annoncé que je devais subir une seconde opération ; que la tumeur était plus large que prévue. Je me suis sentie vidée, impuissante et révoltée à la fois. J’ai commencé à me laisser entraîner dans un tunnel médical dont je ne voyais pas la fin.

Comment s’est passée la période des traitements ? 

Pendant la période des traitements, j’avais l’impression de ne plus posséder mon corps. Je me suis laissée prendre en charge par l’équipe médicale, avec des hauts et des bas, des rebondissements en termes de traitements, une durée plus longue que prévue. Pendant la radiothérapie j’avais espoir de reprendre le travail à temps partiel. Mais j’avais sous-estimé la fatigue liée aux traitements. Puis est venue la COVID et le confinement qui ont mis un terme à cette volonté. 

Mon entourage a été très présent et je pense que je n’aurai pas pu passer ces épreuves sans eux : mon compagnon qui a été présent à tous les rendez-vous et au quotidien un soutien indéfectible, mes enfants bien sûr, mes parents, ainsi que mes amis qui, même si certains étaient loin, ont toujours été là dans les coups durs. J’ai aussi maintenu le lien à distance avec mon employeur lors de chacune des étapes. C’était indispensable.

J’ai aussi eu la chance de rencontrer des personnes formidables dans deux associations de soutien, dans lesquelles j’ai pu bénéficier de soins de support, indispensables pour supporter les traitements.

Comment s’est passé votre retour au travail ?

La maladie et les traitements transforment l’image de soi, détériorent la confiance et mettent en exergue nos faiblesses. Elle est présente au quotidien, dans toutes les circonstances. 

C’est pour ces raisons que lorsque la date de reprise du travail s’est rapprochée j’ai senti le besoin de me faire accompagner, même si je reprenais mon ancien poste. Pour cela j’ai eu la chance de pouvoir participer à un programme de reprise de l’emploi. qui permet d’aborder tous les sujets liés à la reprise de l’emploi, les démarches administratives, les inquiétudes, angoisses, de révéler et utiliser ses ressources, mieux gérer ses émotions, trouver des clés de communication, reprendre le chemin du travail plus sereinement

En complément j’ai aussi été accompagnée individuellement par un coach, ce qui m’a aussi permis d’aborder le retour dans mon poste de manière plus sereine et rassurée.

Qu’est-ce qui vous a aidé ?

La reprise du travail nécessite une préparation physique et intellectuelle. Physique car le corps a subi des traitements lourds, la fatigue et les effets secondaires sont présents au quotidien. C’est pourquoi le temps partiel thérapeutique me semble indispensable : à la fois se remettre dans l’entreprise tout en pouvant continuer les prises en charge médicales (kinésithérapie, activité physique adaptée, etc) et se reposer. Intellectuelle car les traitements peuvent laisser des troubles cognitifs qui sont souvent peu connus mais qui peuvent parfois être impactant. Pour ma part j’ai recommencé à 50 % avec au cours des mois une progression à 80 % aujourd’hui. Je suis heureuse d’avoir pris le temps de ces étapes car cela me convient bien désormais. Par contre, il faut accepter que le fait d’être à temps partiel à plus de six mois après la reprise de poste peut surprendre.

Où en êtes-vous actuellement ?

Je suis toujours suivie bien entendu. Je suis en rémission comme on dit. Je vais plutôt bien malgré des effets secondaires de mes traitements en cours.

Quels sont vos projets ?

J’ai appris par l’apparition de la maladie qu’il fallait que je pense à moi et que je prenne soin de moi. C’est donc un de mes objectifs. Je prends soin aussi de mes proches et des personnes que j’aime. J’aime voir et avoir la chance de voir mes enfants grandir. Ce sont mes deux priorités. Ensuite j’ai beaucoup de projets de voyages, j’ai envie de rencontrer d’autres cultures, de voir des paysages extraordinaires, de continuer mon ouverture au monde. Côté professionnel, je continue à vouloir progresser dans mon métier. J’envisage dans les mois à venir à entamer une certification de mes compétences.

J’ai aussi envie de m’engager dans des actions vis-à-vis de jeunes pour le développement de compétences.

Quels seraient vos conseils pour mieux concilier maladie et travail ?

Je pense qu’il faut se ménager lors de la reprise du travail ; ne pas vouloir en faire trop tout de suite. Une reprise à temps partiel me paraît une bonne transition. Ensuite il faut accepter d’avoir changé : le travail, les relations sociales, la vie n’est plus « comme avant », c’est différent et même si c’est difficile il faut accepter que les capacités physiques et intellectuelles sont différentes. Se ménager, faire de son mieux, aller de l’avant sans griller les étapes, respecter les temps de travail et le temps partiel me paraissent les clefs d’une reprise sereine. Il faut aussi savoir où se situe le curseur des priorités.

Souhaitez-vous ajouter quelque chose ?

La maladie est un bouleversement, à la fois, essentiellement, pour soi, mais aussi pour le cercle familial, amical et professionnel. Je pense l’accepter même si c’est souvent plus facile à dire. Ce paradigme connu, je continue à aller de l’avant car c’est avec détermination et force que j’ai traversé ces épreuves et que je n’ai pas envie de regarder dans le rétroviseur.

Connaissez-vous ALLO Alex ? Qu’en pensez-vous ? 

Je l’ai découvert récemment via le site de Cancer@Work. Je pense que les renseignements mis à disposition sont de grande qualité et m’auraient beaucoup aidé dans ma reprise du travail. Je les ai consultés récemment et j’ai apprécié le contenu.

Merci Nathalie !

 

Si vous aussi, comme Nathalie, vous souhaitez témoigner de votre expérience de la maladie au travail, contactez-nous à l’adresse alloalex@wecareatwork.com

 

Pour toutes vos questions, sachez qu’ALLO Alex est là pour vous aider ! Pour rappel, le service est joignable du lundi au vendredi de 9h à 17h (appel gratuit).

Concilier maladie et travail est possible. Chaque jour nous accompagnons des salariés et des entreprises sur le sujet de la maladie au travail, et nous pouvons vous accompagner à votre tour et vous proposer des solutions adaptées à votre entreprise. Nous proposons également une formation individuelle à destination des porteurs de projets, qui permet aux malades, anciens malades ou personnes en situation de handicap d’interroger et de formaliser un projet professionnel de création d’entreprise.

Si vous souhaitez en discuter, c’est simple comme bonjour@wecareatwork.com