COMMENT PRÉPARER UN ENTRETIEN D’EMBAUCHE APRÈS UNE LONGUE MALADIE ?

Vous vous sentez prêt•e, vous avez envie de reprendre le travail, vous êtes motivé•e, ce poste vous intéresse. Vous avez déjà refait votre CV en valorisant les compétences et expériences en lien avec votre nouveau projet professionnel en y intégrant les soft skills ou compétences douces acquises pendant la maladie et avez décroché un entretien. Comment le préparer ? Dire ou ne pas dire sa maladie ? Comment se valoriser ? Découvrez les conseils d’Anne-Laure et Laurence, coachs en développement professionnel et consultantes Wecare@Work.

Quelles sont les étapes de la préparation ?

Anne-Laure : Avant tout, c’est important de se poser un moment avec soi-même, en toute honnêteté et bienveillance et d’être très clair sur plusieurs points : 

Quelle est ma motivation profonde ?
Serait-elle différente si je n’avais pas été / n’étais pas malade ?

Qu’est-ce qui importe aujourd’hui au sein d’une entreprise ? (valeurs, environnement, organisation, rythme de travail…)
Quel est mon état d’esprit ?
Comment je me sens physiquement et moralement ?
Quelles sont mes limites ?
Qu’est que je ne veux plus ou ne peux plus faire ?

Laurence : Une fois que vous avez votre CV mis à jour, vous pouvez mettre en mots, écrire des phrases en lien avec vos savoir-être en valorisant les expériences qui les incarnent. Vous pouvez ensuite tester votre présentation auprès de personnes de confiance (constructives en bienveillance). Ces personnes peuvent être dans un premier temps des proches puis des personnes de votre réseau professionnel, associatif… qui peuvent vous conseiller, vous redonner confiance et ouvrir leur réseau pour des postulations en direct ou vous recommander.

Comment évaluer ses compétences acquises pendant la maladie ?

A.-L. : En faisant une sorte de bilan qui vous permettra d’identifier les compétences développées au cours de cette période, au travers de votre vécu : 

Quels sont les changements que je peux observer dans mes comportements, mes habitudes ?
Comment mon état d’esprit, ma façon de penser, d’appréhender mon quotidien ont évolué ?
Qu’ai-je mis en place ou fait pour aller mieux ?
Quelles sont les choses dont je ne pensais pas être capable avant ?

Quelles sont les ressources/forces que j’ai déployées, découvertes, que je ne pensais pas avoir ?

L. : Parfois, le manque de recul, l’humilité ou le manque de confiance en soi nous cachent les pépites de nos apprentissages. Parler avec une personne de confiance et à l’écoute peut nous aider à faire émerger les richesses de nos expériences, nous aider à mettre des mots dessus pour ensuite les intégrer en soi pour les partager.

Comment lutter contre le trac ?

L. : Là encore une prise de recul et un questionnement peuvent vous aider.

Avant la maladie, comment je me préparais contre le trac ? Avant un examen, une présentation à l’oral devant un public ou toute autre situation qui donnait le trac ? Comment ce trac se manifeste ? Dans mon corps, dans ma tête ?
Quels étaient mes petits trucs pour les affronter alors ? Sont-ils encore adaptés ?
Jusqu’à quel point je me prépare ? Que veut dire se préparer ?

A.-L. : Déjà, si vous êtes bien préparé, aligné avec vous-même, vous devriez être en confiance et préparé. Avoir le trac lors d’un entretien est normal, pour n’importe qui. Avoir le trac n’est pas réservé à ceux qui ont eu un souci de santé. Il y a un enjeu derrière. 

Une bonne préparation, un bon repos, et bien respirer vous aideront à vous y préparer.

Derrière le trac, il peut y avoir une peur. Il convient d’identifier de quoi vous avez peur. Une fois que vous aurez identifié les causes, vous pourrez accueillir cette anxiété, y remédier si c’est possible et dans tous les cas, la prendre par la main gentiment. Pour dépasser une peur, il faut de toute façon agir, passer à l’action. Il n’y a pas de recette miracle. Si votre trac est lié à votre contexte de maladie, il vous faut identifier précisément ce qui vous gêne et déterminer ce que vous pourriez faire, de quoi vous auriez besoin pour lever cette peur. 

L. : Enfin, le jour du rendez-vous, mettez toutes les chances de votre côté, en arrivant en avance. Vous vous apprêtez pour vous, avec les vêtements dans lesquels vous êtes à l’aise. Un jean vaut toujours mieux que le tailleur que vous n’avez pas porté depuis un an et dans lequel vous ne vous sentez plus vous.  Enfin, vous pouvez anticiper la célébration de ce rendez-vous. Une amie peut être là à attendre votre appel ou votre SMS à la fin ou vous accueillir pour le célébrer avec vous. Un petit café en sortant… [NDLR. Quand le contexte sanitaire le permet ou en visio à défaut d’autre chose].
Chacun a son petit truc : méditer ou faire une séance de sophrologie avant de partir (une visualisation du rendez-vous ou d’un moment apaisant à venir après le rendez-vous) une petite respiration avant d’entrer, un parfum ressourçant, un grigri dans ma poche… Cette liste est non exhaustive, ces choses qui vous permettent de revenir vers le moment présent pendant lequel tout est OK, à sa place.

Doit-on dire ou ne pas dire sa maladie en entretien ?

A.-L. : C’est à vous de décider si vous souhaitez en parler ou non. Quelle que soit votre décision, c’est important que vous vous sentiez bien avec votre choix et de pouvoir faire abstraction des suppositions, de ce que peuvent en dire ou penser les autres. 

Une suggestion : si n’arrivez pas à vous décider,  fermez les yeux et visualisez-vous. Imaginez-vous en situation d’entretien dans chacun de ces 2 cas de figure. Comment vous sentez-vous ? Dans quelle situation vous sentez-vous le mieux ou laquelle est le plus anxiogène ? Vous avez votre réponse !

Une des composantes d’un entretien est de rassurer le recruteur sur le choix qu’il va faire. Quelle que soit votre décision, c’est important que vous vous sentiez le plus à l’aise possible.

L. : Chacun est libre de parler ou pas de sa maladie. L’important est de l’assumer. Assumer d’en parler ou assumer de ne pas en parler. J’ai rencontré des personnes qui assumaient de ne pas en avoir parlé car pour elle, il n’y avait pas de sujet. Elles me disaient : « je ne suis pas ma maladie ». Elles avaient une connaissance d’elles-mêmes et de leur besoin et savaient les communiquer, comme une personne qui n’a pas connu la maladie et qui sait comment prendre soin d’elle. D’autres personnes, au contraire, n’en avaient pas parlé, mais sans l’assumer à l’intérieur, comme une course effrénée pour paraître et cacher. Enfin, de nombreuses personnes (parfois après une récidive) ont finalement reconnu la maladie et sont devenues des porte-parole d’un « il faut en parler » pour se sentir moins seul, se faire accompagner et faire accepter ses besoins.

Parallèlement, de nombreuses personnes aussi font le choix d’en parler. Une parole libre, ouverte, en accueil, comme le partage une part d’elle-même « à prendre ou à laisser » car elles ont fait ce travail de découverte de soi et se sentent apaisées dans leur vécu.

Sur ce sujet, nous vous invitons à (re)découvrir notre article « Dire ou ne pas dire sa maladie au travail ? ».

Merci Anne-Laure et Laurence pour ces précieux conseils.

 

 

Cet article vous a plu ? N’hésitez pas à nous indiquer vos retours en commentaires par mail ou sur les réseaux sociaux.

Pour toutes vos questions, sachez qu’ALLO Alex est là pour vous aider ! Pour rappel, le service est joignable du lundi au vendredi de 9h à 17h (appel gratuit).

Concilier maladie et travail est possible. Chaque jour nous accompagnons des salariés et des entreprises sur le sujet de la maladie au travail, et nous pouvons vous accompagner à votre tour et vous proposer des solutions adaptées à votre entreprise. Nous proposons également une formation individuelle à destination des porteurs de projets, qui permet aux malades, anciens malades ou personnes en situation de handicap d’interroger et de formaliser un projet professionnel de création d’entreprise.

Si vous souhaitez en discuter, c’est simple comme bonjour@wecareatwork.com