RENCONTRE AVEC ANNE-LAURE

Anne-Laure accompagne les personnes malades chroniques dans leur parcours de vie personnelle et professionnelle. Elle-même a dû apprendre à composer avec les aléas de maladies inflammatoires chroniques des intestins (MICI) et a adapté sa manière de travailler. Cette année, elle a rejoint l’équipe de Wecare@work en tant que consultante partenaire pour mettre son expérience et son expertise au service des entreprises et leurs salariés, pour les accompagner à mieux concilier maladie et travail. 

Peux-tu te présenter en quelques mots ? 

Je m’appelle Anne-Laure, j’ai la maladie de Crohn et j’ai choisi d’accompagner des personnes ayant une maladie chronique pour les aider à reprendre leur vie et leur santé en main depuis deux ans environ. 

J’ai rejoint Wecare@work cette année pour aider les entreprises et bien sûr toujours les personnes en fragilité, à mieux concilier maladie et travail. Les bénéfices sont importants pour tous ! L’entreprise comme la personne concernée se portent mieux et c’est pour cela que je me suis engagée avec Wecare@work. 

Qu’est-ce qui t’anime au quotidien et dans l’exercice de ton métier ? 

Aider une personne à se sentir mieux au quotidien, à réaliser que la maladie est une chance de mieux se connaître, de faire différemment, une force et non un fardeau à porter. 

Lorsque les personnes que j’accompagne reprennent leur route avec le sourire, moins de douleurs, des projets, des envies et une confiance retrouvée, je suis la plus heureuse dans mon travail !

Comment s’est passée l’annonce de la maladie ? 

La première annonce date de 2003, je ne m’en souviens plus trop. Un soulagement je pense de savoir ce que j’avais : une rectocolite hémorragique (RCH).  J’ai été en rémission totale jusqu’en 2015. Là, cela a été autre chose. D’autant plus que ma maladie a évolué et on m’a diagnostiqué un Crohn. Ça a été plus dur, mais pas tant l’annonce en elle-même que les semaines d’hospitalisation et les opérations. C’est plus la chute libre de ma santé et de reprendre des forces ensuite qui ont été difficiles.

Comment gères-tu les traitements ?

Aujourd’hui très bien, car mon traitement diminue progressivement et on a réussi à trouver un traitement qui me convient mais cela n’a pas toujours été le cas. J’en ai testé beaucoup ! C’est une des difficultés avec ce type de maladie. Il n’y a aucun traitement standard. Ce qui fonctionne pour quelqu’un ne va pas fonctionner pour un autre ou ne va pas être supporté.

Pour gérer au mieux un traitement au long court il faut s’observer quelque temps, identifier les effets secondaires à surmonter s’il y en a, quand et comment ils apparaissent pour mieux les appréhender et les intégrer à la gestion de son quotidien.

En entreprise, je prévenais mes collègues que la semaine allait être compliquée les semaines de mes traitements. Ce n’était pas toujours simple. 

Comment s’est passé le retour au travail ?

J’appréhendais le retour au travail et je me suis un peu poussée aux fesses pour reprendre. J’ai écouté ma gastro-entérologue qui m’a fortement recommandé de ne pas trop attendre. D’autant plus qu’il y avait un élément nouveau pour moi : j’ai repris le travail avec une iléostomie (une poche ventrale), qu’il faut accepter. Je l’ai gardée 2 ans. 

Qu’est-ce qui t’a aidé ? 

J’ai eu la chance de reprendre à mon rythme, dans le cadre d’un mi-temps thérapeutique et de l’organiser à ma convenance. Après mon mi-temps thérapeutique, j’ai choisi de reprendre à 90 %. J’avais besoin de ce temps pour moi, pour retrouver un équilibre dans ma vie. Et j’ai pu avancer sur mon projet professionnel (me former au coaching), ce qui a été moteur pour recouvrer ma santé.

Où en es-tu actuellement ?

J’accompagne depuis deux ans des personnes qui ont une maladie pour les aider à reprendre leur vie en main, et y redonner du sens et améliorer leur santé globale, pour mon plus grand bonheur. J’ai pu trouver l’équilibre de vie qui me manquait entre ma vie professionnelle et ma vie personnelle car je m’organise différemment. 

Et j’ai rejoint avec la plus grande joie une nouvelle aventure au sein de l’incroyable équipe de Wecare@work pour donner encore plus d’ampleur à mon travail en contribuant à accompagner les entreprises et leurs salariés pour les aider à mieux concilier maladie et travail. 

Pour répondre à ta question, je suis aujourd’hui totalement alignée avec mes valeurs, avec ce qui me porte et m’importe et ce à mon rythme et à ma façon. Et c’est à mon avis indissociable d’une bonne santé.  

Quels sont tes projets ?

Continuer à m’investir à 100 % dans mes actions avec Wecare@work, dans mes accompagnements et reprendre l’écriture de mon livre pour partager ce que j’apprends de mon expérience et de mes accompagnements pour continuer à aider les personnes touchées par une maladie chronique en apportant des clés et des messages positifs !

Quels seraient tes conseils pour mieux concilier maladie et travail ?

S’écouter plus soi et moins les autres, écouter ses besoins, ses envies et ne pas rester dans la frustration et subir ce qui ne nous convient pas ou plus car c’est contre-productif pour aller mieux et se guérir.
Et aussi se faire confiance car on a tous des ressources insoupçonnées.
Et ne pas hésiter à se faire accompagner ! Si j’avais trouvé un accompagnement adapté à l’époque, cela m’aurait grandement aidée c’est certain.

Souhaites-tu ajouter quelque chose ?

Merci à vous 😉

 

Merci Anne-Laure !