RENCONTRE AVEC NICOLAS

Nicolas est gestionnaire technique d’un patrimoine immobilier pour un bailleur social, marié et père d’une petite Valentina. En 2018, sa vie bascule quand il est diagnostiqué d’un cancer colorectal métastatique. Il s’arrête alors de travailler et enchaîne les traitements durant près d’un an et demi. Désormais, reconnu travailleur handicapé et en invalidité de catégorie 1 du fait des conséquences de la maladie et de ses traitements, c’est un jeune homme épanoui qui a tourné la page de sa maladie malgré tout. Découvrez son témoignage…

 

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Nicolas, j’ai 31 ans, marié à Virginia depuis cinq ans et notre fille Valentina fait notre bonheur depuis cinq ans. Nous vivons près de Strasbourg, en Alsace.

Quel est votre métier et depuis quand l’exercez-vous ?

Conducteur de travaux de formation, je suis désormais gestionnaire technique d’un patrimoine immobilier pour un bailleur social depuis 2017. J’aime beaucoup mon poste !

Comment s’est passée l’annonce de votre cancer ? 

En 2018, âgé de 29 ans, ma vie bascule lorsque j’apprends être atteint d’un cancer colorectal métastatique. Mon médecin me mettra directement en arrêt maladie total. Je ne remettrai plus les pieds au travail durant dix-sept mois de traitement plutôt lourd  (radiothérapie, chimiothérapie et 3 opérations). 

J’ai parfois été en manque de contact professionnel, mais je me suis consacré à mon combat contre la maladie, oubliant complètement mon travail..

Comment vous êtes-vous organisé durant les traitements ? Avez-vous gardé contact avec votre entreprise ?

J’ai gardé très peu de contact avec l’entreprise durant mon absence, mais plusieurs collègues et les RH (1) m’ont contacté à plusieurs reprises pour avoir de mes nouvelles et ils m’ont fait un gros cadeau de Noël en commun pour me remonter le moral 🙂 ! Je suis resté en lien avec le RRH (2) dès que ma situation a changé, ce qui a toujours été positif.

Ma femme est cheffe d’entreprise, elle a vraiment géré la situation, j’en profite pour la remercier, car ça n’a pas été facile pour elle !

Et maintenant ? Où en êtes-vous ? 

Aujourd’hui je suis en rémission totale. J’ai l’impression que tout ça est déjà loin, j’ai tourné la page des traitements et je me sens mieux psychologiquement. Après dix-sept mois d’arrêt total j’ai repris à temps partiel thérapeutique jusqu’en octobre 2020. Je suis passé en invalidité de catégorie 1 depuis début novembre 2020, me permettant de continuer mon temps partiel à 50 % malgré quelques séquelles handicapantes de mes traitements et opérations. Ce passage en invalidité de catégorie 1 est encore trop frais pour pouvoir en parler, même si j’ai peur de ne pas m’en sortir sur l’aspect financier, mais aussi de ne pas pouvoir évoluer professionnellement !

Comment votre responsable RH vous a accompagné dans votre retour au travail ? 

Mon RRH a d’abord pris de temps en temps de mes nouvelles, ce qui m’a mis en confiance. Avant de reprendre mon poste à temps partiel thérapeutique (TPT) je lui ai parlé de mes craintes (de me faire licencier) et il m’a rassuré car ce n’était pas la position de l’entreprise. Il a validé ma proposition d’aménagement du TPT (répartition des heures de travail) mis en place avec la médecine du travail. Il m’a protégé lors de la pandémie de coronavirus, en me proposant un 100 % télétravail dès le premier confinement. J’ai demandé à avoir les mêmes missions que mes collègues : je ne voulais pas de traitement de faveur ! Et je n’ai pas souhaité qu’on communique les détails que je lui ai confiés sur ma situation, ce qu’il me semble avoir été respecté.

Avez-vous des conséquences de votre maladie et de vos traitements au quotidien ? 

Sur conseils de mon médecin traitant, j’ai fait un dossier MDPH (3) en décembre 2019, (réponse en 10 jours !) qui m’a permis d’être reconnu RQTH (4) et d’obtenir d’autres aides qui améliorent ma qualité de vie.

Pourriez-vous nous en dire plus ?

La RQTH permet à l’employeur de bénéficier d’aides financières pour l’aménagement et l’adaptation matérielle de mon poste. Sans en avoir fait la demande, j’ai également obtenu une carte CMI (5) stationnement et le bénéfice de l’AAH, l’allocation adulte handicapé. J’ai été étonné de ces attributions d’aides non demandées mais la commission MDPH, en parcourant mon dossier, a jugé que ces aides pouvaient m’être bénéfiques, et c’est le cas.

Quels sont vos trois conseils pour mieux concilier maladie et travail ?

Pour moi les trois conseils sont : premièrement écouter son corps, ensuite demander de l’aide et des conseils à son médecin, et au médecin du travail et enfin rester en lien avec son RRH.

Souhaitez-vous ajouter quelque chose ?

Oui, de toute situation difficile, je pense qu’il faut en sortir le positif. On a de la chance de vivre dans un pays où on peut reprendre progressivement le travail, où on prend en compte vos handicaps, où on s’adapte à votre situation.

Écoutez votre corps et demandez conseil à toutes les personnes qui vous entourent !

Vous parlez du « positif »  de la maladie. Que vous a apporté cette expérience de vie difficile ?

La maladie m’a parfois affaibli mais m’a finalement rendu plus fort. Elle a changé mon rapport avec les autres, m’a encore plus rapproché de ma famille. Elle me fait savourer chaque instant de la vie. Elle m’a certainement changé, je pense, en quelqu’un de mieux !

 

 

Merci Nicolas !

 

Si vous aussi, comme Nicolas, vous souhaitez témoigner de votre expérience de la maladie au travail, contactez-nous à l’adresse alloalex@wecareatwork.com

 


(1) RH : ressources humaines
(2) RRH : responsable ressources humaines
(3) MDPH : Maison départementale des personnes handicapées
(4) RQTH : reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé
(5) CMI : carte mobilité inclusion

Cette publication a été publiée il y a 1 année, il est possible qu'elle contienne des informations qui ne soient plus d'actualité. Retrouvez nos dernières parutions sur notre page « Le Blog ».