RENCONTRE AVEC ANDRÉA RAJAOBÉLISON

Andréa Rajaobélison est en charge de la partie diversité et inclusion chez Roche. Pour ALLO Alex, que Roche soutient depuis sa création, elle a généreusement accepté de répondre à quelques questions. Elle nous fait part de sa vision de l’engagement, de l’intérêt à concilier cancers, maladies et travail pour les entreprises et de la mobilisation des salariés de Roche sur le sujet.

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Andrea, j’ai 29 ans. Cela fait un an et demi que je travaille chez Roche dans l’équipe Expérience collaborateurs et communication interne. Je suis notamment en charge de la diversité et inclusion.

Roche France est engagé auprès d’ALLO Alex depuis sa création, pourquoi nous soutenir ?

Notre raison d’être en tant qu’entreprise pharmaceutique, c’est d’améliorer la vie des patients notamment grâce aux traitements et à travers différents services qui vont les accompagner tout au long de leur parcours de soin. Cette raison d’être, nous essayons aussi de l’appliquer envers nos collaborateurs : prendre soin des patients, c’est aussi les reconnaître et les accompagner lorsqu’il font partie de nos équipes. ALLO Alex nous semble un service important pour les personnes en situation de maladie : cela peut être un premier point de contact lorsque l’on a besoin d’information. C’est pour cela que l’on soutient cette initiative depuis le début.

En tant que responsable diversité et inclusion comment mobilisez-vous les salariés de votre entreprise sur le sujet cancer, maladie et travail ?

Les salariés sont déjà naturellement très sensibles au sujet, à la thématique cancer et maladie en général, par notre raison d’être et dans une logique d’amélioration de la qualité de vie des patients.
Il existe plusieurs actions qui sont menées en interne par des collaborateurs pour mieux concilier maladie et travail. Récemment par exemple, j’ai travaillé avec l’une de nos collaboratrices qui avait été touchée par un cancer il y a quelques années pour mettre à disposition des contenus sur la gestion de la maladie au travail sur notre intranet. « Comment faire face à l’annonce de la maladie ? » ; des conseils pour les managers, pour les collègues, etc. Nous nous sommes appuyés sur l’expertise de Cancer@Work et sur l’expérience propre à la collaboratrice à l’origine de cette initiative. Cela a été enrichi par la manière dont elle a vécu les choses, les informations qu’elle aurait bien aimé avoir à ce moment-là…
Par ailleurs, nous avons également un programme d’intrapreunariat « Startupez vos idées » organisé par l’équipe Expérience Client, Digital et Innovation, où les collaborateurs peuvent proposer leurs idées d’innovations pour ensuite les développer. Plusieurs idées l’an dernier avaient pour but d’accompagner la gestion de la maladie dans l’environnement professionnel. Il y a aussi eu l’une initiative « Travail et SEP » sur les possibilités de concilier sa vie professionnelle avec la SEP, la sclérose en plaques.
Plus récemment, un groupe de travail dédié à l’amélioration de la prise en charge de la maladie sur le lieu de travail a été mis en place car il s’agit d’un des objectifs fort de Roche dans notre stratégie RSE.
Pour accompagner les collaborateurs atteints de cancers et des maladies chroniques au travail, nous essayons de libérer la parole sur le sujet. C’est de moins en moins tabou, puisque certains collaborateurs arrivent maintenant à faire part de leur maladie sur leur lieu de travail : en réunion, lors de la pause café….

Comment accompagnez-vous un collaborateur en situation de maladie ?

Il n’y a pas d’accompagnement standardisé. Quand la maladie survient dans la vie d’un collaborateur, nous essayons de trouver les solutions adaptées, en lien avec le manager et l’équipe RH. Elles vont être personnalisées selon le type de pathologie et cela peut prendre différentes formes : cela peut être un aménagement du temps travail, un aménagement du poste de travail ou un aménagement des missions également, la mise en place du télétravail, etc. Par exemple, certains collaborateurs ont pu bénéficier de missions à distance car ils ne pouvaient plus être sur le terrain. D’autres collaborateurs, qui travaillaient en oncologie et qui ont été atteints d’un cancer, ne voulaient plus travailler dans ces aires thérapeutiques, nous les avons donc réorientés sur d’autres postes. Cela peut être assez varié selon les besoins de chacun.

Vous nous parlez de l’engagement au nom de Roche France, comment cela se passe à l’échelle du groupe ?

C’est également un sujet auquel le groupe est sensible. Je pense par exemple à une initiative déployée dans tout le groupe. Il s’agit d’une application qui a été développée en interne :  CareRing. C’est une sorte de réseau social interne destiné aux collaborateurs atteints de maladies chroniques ou aux proches aidants. L’idée est que les personnes puissent se retrouver pour partager sur ces problématiques. Cette plateforme leur est exclusivement réservée. En y accédant, ils s’engagent à faire partie de l’une de ces catégories. Quand le collaborateur s’inscrit, il peut choisir de le faire de manière anonyme ou pas. Il y a ensuite des groupes par thématique et par langue. Cela permet aux collaborateurs de partager leurs ressentis, la manière dont ils vivent cette période de vie et aussi de se soutenir mutuellement.

Plus généralement, quel intérêt à mieux concilier cancers, maladies et travail pour les entreprises selon vous ?

Au-delà de l’intérêt, on ne peut pas ignorer qu’il y a des personnes qui tombent malade. On ne peut pas ignorer le nombre de personnes qui apprennent qu’elles ont un cancer chaque jour, et plus globalement toutes les personnes atteintes de maladies chroniques. Nous sommes potentiellement tous concernés. C’est important de ne pas exclure ces gens-là, puisque les personnes en situation de maladie ont toujours des compétences ! Pour une entreprise pharmaceutique, peut-être que cela peut même avoir encore une plus grande valeur ajoutée, car en tant que personne touchée par la maladie, on peut mieux comprendre ce que cela veut dire d’être patient. Et cela peut permettre potentiellement d’être plus engagé dans les missions. L’entreprise ne peut pas ignorer cela. Cela peut prendre du temps, mais de nombreuses personnes ont pu développer des savoir-être suite à leur maladie et ils vont pouvoir apporter leur regard particulier, cette vision particulière à l’entreprise. L’intérêt pour les entreprises est donc très important.

Qu’est-ce que la période du confinement a changé pour Roche France ? Quels enseignements avez-vous pu tirer de cette crise ?

Cette période nous a aidé à prioriser sur ce qui était vraiment important, à savoir, de pouvoir assurer la continuité des traitements des patients durant cette période. Nous avons concentré notre activité ; il ne fallait pas qu’il y ait de discontinuité de traitement des patients durant cette période.  Par ailleurs, cela a permis plus de collaborations transverses en interne, notamment entre les équipes du siège et du terrain. Chaque collaborateur étant chez lui durant le confinement, nous étions tous dans la même situation et cela a engendré une plus grande solidarité entre nous. Cela nous a permis de nous recentrer sur notre raison d’être et sur l’essentiel de notre cœur de métier.