RENCONTRE AVEC FANNY

Que devient-elle ?


Nous avions eu le plaisir de découvrir Fanny il y a plus d’un an. Elle nous racontait alors comment elle avait poursuivi ses études en parallèle de ses traitements. Elle avait commencé à être rédactrice pour
Deuxiemeavis.fr et se formait au massage bien-être. Depuis, Fanny prodigue des massages bien-être à domicile et continue d’écrire pour Deuxiemeavis.fr. Véritable slasheuse, elle est également chargée de communication pour l’association CoActis Santé. Nous avons échangé sur son parcours, ses projets et sa vision de la période actuelle.

Que s’est-il passé pour toi depuis ta première interview pour ALLO Alex ? 

J’ai développé mon activité de rédactrice freelance, avec de nouveaux médias pour lesquels j’écris dans le domaine de la santé. En parallèle, je suis toujours chargée de communication pour l’association CoActis Santé qui s’engage pour l’accès aux soins pour tous, et particulièrement pour les personnes qui vivent avec un handicap. Côté massage, cela reste au sein de mon cercle proche ou pour des cadeaux : cela me va bien ! Ce sont des respirations entre mes activités plus intellectuelles.

Depuis peu, je suis investie pour l’Agence des médecines complémentaires et alternatives, une structure qui voit le jour en ce moment pour penser une intégration structurée, cohérente et sécurisée des MCA dans notre société. Cela me parle particulièrement car j’ai découvert les MCA lorsque j’étais en traitement : cela m’a grandement aidée à mieux supporter les effets secondaires de la chimiothérapie, notamment l’acupuncture.

En tant que slasheuse, quel est ton rapport à la maladie au travail aujourd’hui ? 

Je constate au quotidien que mon expérience vécue de patiente en oncologie peut être précieuse pour d’autres personnes, malades ou non. Cela impacte forcément ma manière d’écrire avec cette sensibilité particulière. Je sais aussi que les MCA sont un domaine où j’aimerais m’investir davantage à l’avenir, et cela vient de mon histoire personnelle.

À ton avis, quelles qualités ou compétences as-tu développées en étant directement confrontée à la maladie ?

Je pense que j’ai moins peur de la maladie depuis que j’ai été malade. Cela m’a donné de la sérénité pour l’avenir, car j’ai découvert que j’avais une grande force en moi. Au quotidien, je me prends moins la tête avec des futilités et lorsqu’une véritable difficulté se présente à moi, je la prends avec un recul et une patience que je n’avais pas avant.

Quel impact a eu ta maladie sur ta vie professionnelle d’aujourd’hui ?

Le principal impact a été mon intérêt pour les médecines complémentaires et alternatives (MCA). Ce sont des ressources précieuses en complément de la médecine conventionnelle et une stratégie nationale pour mieux former les praticiens et mieux guider les patients me paraît essentielle. 

Tu sembles avoir trouvé ton équilibre entre tes différentes activités, que t’apportent-elles ?

Oui, j’ai trouvé un équilibre entre travail solo et en équipe, travail intellectuel et manuel, projets au long terme et au court terme. Je m’y sens à ma place car je sens que je place mes compétences dans des missions utiles pour la société. Cela m’apporte beaucoup de satisfaction.

Tu as pu continuer tes études à distance pendant les traitements. Pourquoi est-ce important de pouvoir concilier maladie et travail aujourd’hui selon toi ? 

Je pense que c’est un questionnement individuel ! C’était important pour moi car j’aime travailler, j’aime apprendre et mon traitement était compatible avec la poursuite de mes études. D’autres personnes souhaiteront peut-être faire une pause dans leur travail pour mieux vivre le traitement. D’autres encore souhaiteront continuer leur emploi mais n’en seront pas capables physiquement. Il faut avant tout s’écouter. Dans mon cas, poursuivre mes études m’a permis non seulement d’occuper mon esprit et de faire quelque chose qui me plaisait mais aussi de garder le lien avec ma promotion.

Que souhaiterais-tu transmettre aux personnes qui sont traitées pour un cancer ou une maladie chronique et qui souhaiteraient continuer à travailler ?

Allez-y ! Si vous avez cette envie, écoutez-là. Jaugez ce dont vous êtes capable. Discernez la charge de travail qui vous apporte de l’énergie, et là où au contraire vous en perdez. 

Qu’est-ce que la crise sanitaire a changé pour toi ?

Pas grand chose, je l’ai plutôt bien vécue. J’ai continué à télétravailler, sauf le massage évidemment. Néanmoins je préfère voir mes collègues plutôt que de travailler de chez moi !

Souhaites-tu ajouter quelque chose ?

Si vous commencez un traitement anti-cancer et que vous vous posez des questions concernant votre travail, ne prenez pas de décision hâtive. Tout d’abord, écoutez avec honnêteté vos envies profondes. Il n’y a aucune honte à vouloir s’arrêter de travailler, tout comme il n’est pas orgueilleux de vouloir continuer. C’est votre choix. Ensuite, discutez-en avec votre employeur, notamment si vous souhaitez prendre certaines dispositions. Prenez aussi conseil avec d’anciennes personnes malades dont l’expérience peut être instructive. Et rappelez-vous que la bonne décision est toujours celle que vous prendrez.

Merci Fanny !

 

 


Crédit photo : Rémi Duchili