RENCONTRE AVEC SÉVERINE

Que devient-elle ?


Nous avions eu le plaisir de découvrir Séverine en 2017, elle était alors assistante sociale dans la fonction publique hospitalière et cherchait à évoluer vers un autre poste. Vous pouvez retrouver
l’interview de Séverine de 2017 sur notre blog.

Depuis, Séverine a créé le Salon des K Fighteuses au Centre Léon Bérard à Lyon, après avoir fait ses débuts au sein de l’équipe Cancer@Work, elle est désormais Community Manager pour Ozalys, une marque de dermo-cosmétique à destination des femmes atteintes par le cancer. Comme d’autres événements, le Salon des K Fighteuses a dû s’adapter à l’épidémie de COVID-19. Aujourd’hui 22 septembre devait se tenir le Salon des K Fighteuses 2020 à Lyon. Pour des raisons sanitaires, l’événement a malheureusement dû être annulé, mais la remise du prix de l’appel à projet « Oser la résilience » a été maintenue et a lieu aujourd’hui à Paris au showroom parisien d’Ozalys. Le prix pour la lauréate : un accompagnement de l’équipe Wecare@Work,  un portrait par le média We are patients et une dotation financière. Pour l’occasion, Séverine nous en parle et partage son expérience professionnelle de ces deux dernières années.

 

Que s’est-il passé pour toi depuis ta première interview pour ALLO Alex en 2017 ? Quel est ton métier actuel et depuis quand l’exerces-tu ? 

Il s’est passé beaucoup de choses depuis 2017 ! J’ai un nouveau sein, un nouveau boulot et j’ai créé un événement « Le salon des K Fighteuses » ! Le salon, m’a permis de faire de nombreuses rencontres, de développer de nouvelles compétences et m’a offert de nouvelles opportunités professionnelles. Je remercie d’ailleurs Anne-Sophie Tuszynski qui m’a permis de me lancer dans une nouvelle voie pro en me confiant pendant quelques mois les réseaux sociaux de Cancer@Work. Puis c’est Isabelle Guyomarch, fondatrice d’Ozalys qui m’a fait confiance en me proposant de prendre en charge la communication digitale de la marque il y a un peu plus d’un an. 

Depuis quelques semaines, je me charge également de créer du contenu pour les réseaux sociaux du Raid Cœur d’Argan, initié par Valérie Lugon, une autre sœur de combat.
Et bien entendu, je prépare le prochain salon des K Fighteuses !

En tant que salariée et entrepreneure, quel est ton rapport à la maladie au travail aujourd’hui ? 

Auparavant j’étais assistante sociale hospitalière, j’ai donc demandé une disponibilité de la fonction publique. Je suis salariée chez Ozalys et également auto-entrepreneuse. C’est rassurant pour moi d’avoir un CDI, au cas où je sois de nouveau confrontée à la maladie.

Je travaille aux côtés de femmes qui ont également été touchées par le cancer, c’est réconfortant car nous parlons le même langage.

Quel impact a eu ta maladie sur ta vie professionnelle d’aujourd’hui ?

Depuis le cancer, je suis assez présente sur les réseaux sociaux, je me suis formée peu à peu à la communication digitale via des MOOC, ce qui m’a permis de rebondir et de changer de métier.
Aujourd’hui, je travaille en home office la plupart du temps, ça me convient parfaitement. J’ai la chance d’avoir une grande liberté dans mon organisation de travail, ce qui me permet de concilier facilement ma vie professionnelle et mes rendez-vous médicaux de contrôle. 

Peux-tu me parler du Salon des K Fighteuses et des conséquences qu’a eu le confinement sur l’événement ? 

Le salon des K Fighteuses est un événement fédérateur autour d’histoires de résilience. C’est un lieu de rencontre, d’échange, de partage, d’émotion, d’espoir…
Il rassemble des femmes et hommes qui ont donné du sens à l’épreuve du cancer en innovant, certain.e.s ont écrit un livre ou une pièce de théâtre, d’autres créé une entreprise ou une association… Il y a de nombreuses initiatives individuelles, le salon permet de les regrouper et participe à donner une autre image de la maladie. 

En 2020, le cancer ne devrait plus être un facteur d’exclusion, nous n’avons pas à nous sentir gêné.e.s d’être ou d’avoir été malade. C’est au contraire, une expérience de vie qui mérite d’être mise en valeur. À travers ce salon, j’espère participer à faire évoluer le regard sur le cancer et l’après-cancer, donner de l’espoir, du courage, ouvrir le chemin de la résilience à d’autres personnes et favoriser la réinsertion sociale et/ou professionnelle après la maladie.

La situation sanitaire actuelle me contraint d’annuler la troisième édition du salon, mais l’appel à projet « Oser la résilience » est maintenu. 

Qu’est-ce que l’appel à projet « Oser la résilience » ? Peux-tu nous en parler et nous dire les conséquences du report du salon sur cet appel à projet ? 

L’appel à projet « Oser la résilience » est une nouveauté du salon. Il s’adresse aux personnes touchées par le cancer, qui ont un projet de résilience, mais qui se posent des questions, n’osent pas se lancer, ne savent pas comment s’y prendre…La ou le lauréat.e bénéficiera d’un accompagnement personnalisé par l’équipe de WeCare@Work, d’une interview pour We are Patients et d’une dotation financière.
La remise des prix a lieu le 22 septembre dans le showroom parisien de notre partenaire Ozalys.

Si je te reposais la question, « À ton avis, quelles qualités ou compétences as-tu développées en étant directement confrontée à la maladie ? » quelle serait ta réponse aujourd’hui ?

Facile, la compétence #fightingcancer ! 

Je pense que la maladie m’a permis de me découvrir, d’être moi-même, d’oser entreprendre. Elle m’a appris la patience, la détermination et à relativiser. Mais, je crois que j’avais déjà ses qualités au fond de moi, quelque part un peu cachées… Le cancer, qui nous pousse bien loin de notre zone de confort, est venu les faire remonter à la surface.

Quels sont tes 3 conseils pour mieux concilier cancer, maladie et travail aujourd’hui ? 

En premier lieu, ne pas avoir peur, ni honte, de faire une demande de RQTH. Tous les handicaps ne sont pas visibles et les conséquences des traitements anticancéreux peuvent être handicapantes selon le métier que vous exercez.
Le dialogue avec son employeur me semble ensuite primordial pour qu’il comprenne quelles sont vos difficultés, vos craintes vos besoins… et pour envisager une adaptation de votre poste si cela est nécessaire.
Enfin, conseiller à votre employeur d’adhérer à Cancer@Work ! 🙂

Comment travaillais-tu pendant le confinement ?

Le confinement n’a pas changé grand chose pour moi niveau travail, puisque je travaille de mon domicile toute l’année. Les réunions se font par Skype.

Quels étaient tes trucs et astuces pour améliorer ton quotidien dans cette situation ? 

Cette situation m’a rappelé la période où j’étais en chimio, le temps est comme suspendu. J’adopte la même méthode, qui avait plutôt bien fonctionné pour passer cette étape difficile.

Je pense qu’il est important de garder un rythme, avec des espaces temps différenciés, de continuer à prendre soin de soi et de ne pas traîner en pyjama toute la journée.
D’avoir des projets, de garder le lien avec sa famille et ses ami.e.s via les outils de communication digitale, de faire de la méditation, de lire, d’apprendre de nouvelles choses, de faire du sport… Faire quelque chose qui nous fait du bien.

Que nous apprend la période de la crise sanitaire selon toi ? 

De la même manière que l’expérience de la maladie peut permettre de révéler des compétences, je pense que cette crise sanitaire  permet de tirer des enseignements pour construire une société plus résiliente et plus inclusive. 

Au niveau professionnel, la question de la maladie est désormais au cœur des préoccupations. De nombreuses entreprises innovent en réponse à la crise sanitaire de la COVID-19, espérons que ce mouvement pour inclure la maladie dans le cadre du travail perdure.

Souhaites-tu ajouter quelque chose ?

J’aimerais développer le salon des K Fighteuses dans d’autres régions et renouveler l’appel à projet « Oser la résilience ». Avis aux CLCC [NDLR. les centres de lutte contre le cancer] et aux potentiels partenaires 😉

Et pour conclure, je me permets d’emprunter les mots de J. Audiberti: « Seuls ceux qui osent s’accordent le droit de réussir » !

 

Merci Séverine !

Retrouvez Le Salon des K Fighteuses sur les réseaux sociaux !

www.salondeskfighteuses.com