RENCONTRE AVEC PHILIPPE SALLE, PRÉSIDENT DE CANCER@WORK

Philippe Salle est un dirigeant de grands groupes ainsi qu’un homme engagé sur les sujets du handicap, de la diversité et du cancer dans la vie professionnelle. En mars 2013 il devient président du club d’entreprises Cancer@Work. Pour ALLO Alex, que Cancer@Work soutient, il a accepté de répondre à quelques questions. Il nous fait part des missions de Cancer@Work, de sa vision de l’engagement et de l’intérêt à concilier cancers, maladies et travail pour les entreprises.

 

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ? 

Je suis passé par de grands groupes comme Total, Accenture et McKinsey, pour ensuite prendre la présidence et la direction générale des groupes Vedior, Geoservices, Altran et Elior. Depuis 2017, je suis président du groupe Foncia, leader européen des services immobiliers résidentiels.

Vous êtes un président engagé, pourquoi avez-vous décidé de vous engager auprès de l’association Cancer@Work ?

Je suis un dirigeant engagé, notamment sur les sujets du handicap, de la diversité et du cancer dans la vie professionnelle. C’est la raison pour laquelle j’ai accepté dès 2013 d’assurer la présidence du club d’entreprises Cancer@Work.

Je suis persuadé que les entreprises constituent la plus grande force d’inclusion. Agir pour concilier cancer, maladie et travail peut aussi contribuer à rendre l’entreprise plus humaine et, j’en suis persuadé, plus performante.

Les travaux menés depuis huit ans par Cancer@Work prouvent que concilier maladie et travail est possible, et que c’est source de création de valeur humaine et économique, à la fois pour les personnes, pour les entreprises et pour la société toute entière.

Quelles sont les missions de l’association Cancer@Work ?

Cancer@Work remplit quatre missions : mobiliser les entreprises autour de la charte Cancer@Work, engager les membres à agir et partager les meilleures pratiques, mesurer les attentes des actifs et l’impact des actions mises en place à l’échelle de l’entreprise et de la société et enfin, soutenir solidairement les demandeurs d’emploi.

Comment l’association Cancer@Work mobilise-t-elle les entreprises sur le thème du cancer au travail ?  

Nous mobilisons en partageant nos convictions. Concilier maladie et travail permet d’associer performance économique et intérêt général. C’est un facteur de stratégie et de compétitivité qui permet d’engager et de responsabiliser sur ce sujet l’ensemble de l’entreprise, dirigeants, managers et équipes. Enfin, c’est une manière de partager avec ses équipes des valeurs et de définir une responsabilité sociétale de l’entreprise.

Les entreprises qui nous rejoignent s’engagent dans cette démarche responsable pour concilier maladie et travail, de manière volontaire.

Elles partagent nos idées, nos valeurs et nos convictions et contribuent, à nos côtés, à mieux prendre en compte le sujet du cancer, des maladies chroniques et du travail en partageant leurs bonnes pratiques et en bénéficiant des retours d’expériences des autres membres.

Quels types d’actions ont été mises en place dans les entreprises suite à leur adhésion à Cancer@Work ? Comment en mesurez-vous l’impact ?

Parmi tant d’autres, je citerais aujourd’hui : le Label Cancer@Work qui permet aux membres de mesurer, progresser et valoriser leur démarche volontariste et leurs actions concrètes pour concilier maladie et travail, quel que soit leur niveau de maturité sur le sujet ; et les job dating dont l’objectif est double : aider les malades, anciens malades à reprendre confiance, à retrouver le chemin de l’emploi ou à définir un nouveau projet professionnel et les entreprises à appréhender les enjeux de la maladie et ses conséquences. 

Quel intérêt à mieux concilier cancers, maladies et travail pour les entreprises, selon vous ?

Cancer@Work et ses membres travaillent à transformer l’expérience de la maladie au travail en création de valeur humaine, sociale et économique, et font également de l’inclusion de la maladie au travail un composant de la responsabilité sociétale des entreprises.

Les entreprises doivent s’engager dans une dynamique volontariste d’inclusion de la maladie dans leurs politiques sociales et leurs pratiques managériales. L’enjeu est clair : le maintien dans l’emploi des personnes malades et une performance durable avec des équipes confiantes, une baisse du coût de l’absentéisme, et une meilleure qualité de vie au travail.

L’étude Cancer@Work menée par Nicolas Bouzou confirme que les entreprises pourraient réaliser des économies de coût de friction générées par le maintien dans l’emploi des personnes qui vivent la maladie et sont en mesure de travailler.

Pourquoi soutenir  ALLO Alex ?

Trouver la bonne information sur le cancer et les maladies chroniques au travail n’est pas toujours aisé, et sur internet, il est facile de se perdre.

Avec ALLO Alex, chaque personne trouve rapidement toutes les réponses en un seul point de contact.

Qu’est-ce que la période du confinement a changé pour Cancer@Work ? Quels enseignements tirez-vous de cette crise ?

Cette période inédite nous a obligé à digitaliser encore plus l’offre de service et les outils de Cancer@Work, notamment pour les job dating.

Concilier maladie et travail en période de confinement est devenu une réalité pour beaucoup, et il faut souhaiter que les entreprises encouragent les actions sur ce sujet.

Souhaitez-vous ajouter quelque chose ?

Nous devons poursuivre nos actions et continuer à sensibiliser, mobiliser et impliquer tous les acteurs concernés car en France, chaque jour, sur 1 000 personnes qui apprennent qu’elles ont un cancer, 400 ont une activité professionnelle.

Cette réalité touche toutes les entreprises, petites et grandes, et tous les secteurs d’activité. C’est une question de responsabilité sociétale des entreprises.

J’encourage celles qui hésitent encore à venir nous rejoindre.

 

Biographie de Philippe Salle

Philippe Salle est un dirigeant de grands groupes ainsi qu’un homme engagé sur les sujets du handicap, de la diversité et depuis mars 2013, du cancer dans la vie professionnelle.

Il a débuté sa carrière chez Total en Indonésie avant de rejoindre Accenture en 1990 puis McKinsey en 1995, les groupes Vedior en 1999, et Geoservices en 2007. De 2011 à 2015, il est président-directeur général du groupe Altran, leader mondial du conseil en innovation, et de 2015 à 2017, du groupe Elior, un des leaders de la restauration collective et de concession, deux groupes du SBF 120. Fin 2017, il prend la présidence du groupe Foncia, leader européen des services immobiliers résidentiels, et également, en 2018, la présidence du conseil d’administration de CGG, groupe mondial de géosciences.


Si vous aussi, comme Cancer@work, Malakoff Humanis, Ozalys et Roche, vous souhaitez soutenir ALLO Alex, parlons-en : alloalex@wecareatwork.com.

Crédit photo : Chloé Attal / Cancer@Work