Dr Vinh Ngo

RENCONTRE AVEC LE DR VINH NGO, DIRECTEUR GÉNÉRAL DU CIAMT

Le Dr Vinh Ngo est médecin du travail depuis plus de vingt ans. Il y a deux ans il a pris la Direction générale du Centre Interentreprises et Artisanal de santé au travail (CIAMT). Dans un entretien qu’il nous a généreusement accordé, il nous fait part des actions du CIAMT et de leurs bénéfices pour mieux concilier maladies et travail et de l’importance de penser à une santé globale au travail.

Pouvez-vous vous présenter et présenter le CIAMT en quelques mots ? 

Ancien interne des hôpitaux de Lille, médecin du travail depuis plus de vingt ans des grands groupes comme des TPE, j’ai pris la Direction Générale du CIAMT officiellement depuis deux ans. 

Nous sommes un service interentreprises de santé au travail, au service de nos entreprises adhérentes pour des conseils en stratégie de prévention et du suivi individuel de leurs salariés. Nous assurons ainsi la promotion de la prévention primaire, secondaire et tertiaire de quelques 400 000 salariés franciliens pour le compte des 29 000 entreprises qui nous font confiance.

Quelles sont les actions du CIAMT ? 

Grâce aux mutualisations des moyens et des ressources, nous déployons des actions de prévention médicale avec nos professionnels de santé (médecins et infirmiers), la promotion permanente de la prévention collective et technique avec nos experts en prévention professionnelle. Nous conseillons méthodologiquement également nos entreprises adhérentes et leurs salariés en politique de maintien en emploi et en prévention de désinsertion professionnelle. Pour nous, il est primordial de penser à une santé globale afin de mieux se préserver face à l’usure du temps et des contraintes du travail.

Des actions de sensibilisation et d’accompagnement sont proposées régulièrement et de façon récurrente afin de « responsabiliser » l’ensemble des acteurs sociaux sur des sujets thématiques de risques et mieux impliquer les salariés concernés dans leurs projets de vie.

Que mettez-vous en place pour mieux concilier cancers, maladies et travail ? 

Une méthodologie de prévention de désinsertion professionnelle, en combinant la prévention primaire (prévoir et éviter l’usure), la prévention secondaire (éviter l’aggravation grâce au repérage précoce des situations à risque) et la prévention tertiaire (éviter la rechute en promouvant l’employabilité le plus en amont possible).

Pour nous, les facteurs clés succès sont au nombre de 3 : repérage précoce des situations voire des signaux faibles, l’harmonisation des discours médicaux et professionnels de santé, et le travail en réseau décloisonné impliquant l’entreprise, le collectif de travail, le service de santé au travail, les médecins hospitaliers et traitants, les services sociaux et les aidants ou famille.

Quel.s suivi.s et.ou aménagement.s avez-vous pu mettre en place pour les personnes malades et leurs employeurs ? (maladie chronique, cancer, handicap…)

Un travail le plus en amont possible et de façon la plus transversale possible, avec le respect du secret médical qui s’impose, associés à une méthodologie claire et factuelle, permettent d’amorcer un suivi longitudinal centré sur le sujet concerné qui doit conjuguer cela avec son projet de vie, à chaque étape de l’avancement du dossier.

Un travail de soutien et de suivi régulier avec la personne et la personne de confiance dans l’entreprise est mis en place.

Des préconisations d’aménagement physique du poste et/ou des conditions de travail notamment sur les horaires, formations, moyens de locomotion sont apportées par nos médecins du travail, nos experts ergonomes en prévention. Des solutions pourraient être proposées et apportées par nos partenaires comme l’Agefiph, la CRAMIF dans toutes ses composantes techniques et sociales, l’assurance maladie avec l’apport des médecins-conseils dans l’attribution des droits et toute l’aide précieuse des associations de patients ou des patients-experts…

Quels en ont été les bénéfices ?

Nous avons des indicateurs combinés de notre cellule de maintien en emploi CIAMT dédiée à nos entreprises adhérentes, ainsi que ceux de notre enquête longitudinale du devenir des salariés ayant une problématique de santé au travail qui confortent la réussite de notre stratégie d’aide au maintien en emploi à 82 % et on stabilise la population à risque à 3 % des salariés suivis par des services de santé interentreprises Ile-de-France (SSTI IDF) comme le CIAMT…

Comment accompagnez-vous les personnes vulnérables et leurs employeurs dans cette période de crise du COVID-19 ? 

Nous nous sommes adaptés dans l’urgence pour pouvoir maintenir nos missions régaliennes de santé au travail. Notre cellule de crise médicale et technique a fonctionné dès le début du confinement pour accompagner nos entreprises adhérentes et leurs salariés « désemparés » dans cette tempête virale. Une cellule de soutien psychologique a été déployée rapidement avec nos partenaires experts CRISE-UP pour nos entreprises et leurs salariés. Une solution de téléconsultation sécurisée a permis de maintenir le lien à distance avec les salariés suivis et en priorité les sujets vulnérables.

Ils ont pu joindre nos professionnels de santé et notre cellule de maintien en emploi pour leurs droits et leur suivi individuel. Des sensibilisations à distance type Webinar ont été proposées afin de conseiller accompagner nos entreprises et leurs dirigeants dans la gestion des populations vulnérables, sans discrimination.

Nous avons pu assurer ainsi nos missions primordiales de conseiller en prévention pour nos adhérents, quel que soit leur statut !