CHAQUE EXPÉRIENCE EST UNE OCCASION D’APPRENTISSAGES

Face à la crise sanitaire actuelle, nombre d’entre nous ont dû s’adapter. Quelque soit notre situation, en télétravail ou au chômage partiel, ou que l’on soit présent sur notre lieu de travail, il a fallu définir une organisation adéquate : proposer un nouveau plan d’actions, fixer un rythme de rencontres (en ligne ou non) collectives, individuelles, intégrer le nouveau métier de parent-enseignant dans l’emploi du temps, entre autres activités.

Comment sortir de cette crise en forme et riches de nouvelles forces ?

 

Une occasion de se former


Quand nous pensons « apprentissage » nous pouvons penser en premier lieu « formation ». Le confinement peut être le moment opportun pour se former. Avant tout, prenez bien le temps d’analyser vos besoins. L’offre est tellement pléthorique, qu’on peut être tenter par beaucoup de sujets sans véritablement en lien avec ses aspirations profondes ou ses besoins. Entre les tutoriels en ligne, les webinaires (ou
webinar), les modules de e-learning gratuits ou les solutions payantes pour un apprentissage plus approfondi, la situation a accéléré le développement des formations en ligne. Il y en a pour tous les goûts. 

Cela peut être le moment d’explorer de nouveaux domaines, de développer ses compétences techniques et.ou d’acquérir de nouvelles connaissances. Et pourquoi pas vous sensibiliser aux problématiques de société et aux enjeux de demain? Outre la cause environnementale, la santé, notamment celles des plus fragiles, la maladie au travail prend tout son sens aujourd’hui.

 

Tenir dans la durée


Une des difficultés que l’on peut rencontrer durant cette période, peut être de ne pas se décourager devant les complications qui peuvent résulter de la situation, et que chacun peut rencontrer. À distance de ses collègues, de sa famille ou de ses ami.e.s, on peut se sentir isolé.e. Dans ce changement de configuration, auquel il faut s’adapter, certain.e.s d’entre nous peuvent connaître des difficultés à s’organiser, peuvent se sentir déborder ou en décalage de par cette nouvelle organisation forcée. Pour tenir dans la durée, vous pouvez faire un point régulier de la situation et n’hésitez pas à ajuster, vos besoins et vos objectifs. L’adaptation est la clef dans pareille situation. Appuyez-vous autant que faire se peut sur votre entourage personnel et.ou professionnel ; trouvez des solutions pour pouvoir avancer ensemble et faire face à la situation. L’écoute, l’aide psychologique peut également être une solution pour vous aider à remédier à la situation. Cela peut vous aider à comprendre et apprendre à mieux gérer les évènements : votre organisation et votre état émotionnel qui peuvent être mis à rude épreuve par le confinement contraint. Pour se maintenir, c’est également important de pouvoir s’arrêter. Faire des pauses, couper et déconnecter totalement le week-end par exemple, pour pouvoir mieux se concentrer et se remettre au travail la semaine. Prendre du recul pour pouvoir continuer, en procédant à des ajustements si nécessaires. Il est conseillé de bien identifier ses besoins, son fonctionnement, pour poursuivre dans la même direction ou prendre un autre chemin et agir différemment en fonction des obstacles rencontrés. De telles circonstances apprennent la patience et la persévérance !

 

Tirer les enseignements de cette expérience


Demain, tous en télétravail ?

Favorisé par les ordonnances de 2017, le télétravail a augmenté de 50 % en France en 2018 pour concerner près de 30 % des salariés du secteur privé. (Source : étude Ifop pour Malakoff Humanis, février 2019) Loin d’être la norme mais poussé par les circonstances de la pandémie de COVID-19, aujourd’hui le développement du télétravail s’accélère. On peut y voir un bénéfice de la situation du confinement. Pour la majeure partie des entreprises et des salarié.e.s, le télétravail dans ces conditions inédites représentait un défi. La situation imposée par le confinement pourrait-elle encourager la pratique généralisée du télétravail ? Beaucoup d’entre nous ont découvert cette nouvelle façon de fonctionner, la jugeant pour certaines professions impossible jusqu’alors. Va-t-on vers un nouveau mode de fonctionnement ? Une mobilité nouvelle ? Changer de lieu de vie, sans changer de travail serait-il désormais davantage envisageable ? Tout le monde n’est pas égal face au télétravail mais cela a ouvert de nouvelles possibilités : des horaires flexibles, que l’on peut adapter à sa vie familiale et personnelle, le temps réservé aux transports transposé aux activités jugées bienfaisantes pour le bien-être personnel. Cette situation engendre la possibilité de mettre la question au cœur du fonctionnement de chaque entreprise. Peut-être une occasion de le développer davantage ou de l’organiser ? Ou certain.e.s salarié.e.s préféreront au contraire conserver leur organisation dans un bureau fixe. Et si l’idéal était de pouvoir alterner les moments de télétravail et de présence au bureau ? Savoir que le télétravail est envisageable au sein de son entreprise, suffit à multiplier le champ des possibles et ouvre de nouvelles perspectives d’organisation. Le débat reste ouvert.


Entretenir le lien et découvrir de nouvelles façons de communiquer

Comment préserver et maintenir un lien entre les salarié.e.s et un esprit d’équipe malgré la distanciation ? Comment maintenir le lien avec ses prestataires et ses clients ?

Découlant de ce contexte spécifique, une conséquence inattendue : du fait de l’éloignement, les liens entre les individus se resserrent. Garder le lien et une communication efficace, interne et externe, s’avère primordial pour faire face à cette situation. Le besoin de partage n’a jamais été aussi grand. L’organisation de points réguliers par téléphone ou en visio, formels ou informels, en plus des échanges par mail ou par messagerie instantanée a permis à certaines équipes de renforcer la cohésion et d’améliorer la communication. De même maintenir le lien avec les clients, les prestataires, les partenaires n’a jamais été aussi important ! Il a fallu s’adapter, mettre en place un nouveau rythme et de nouveaux dispositifs de communication. Cette nouvelle façon d’interagir au quotidien permet de motiver les troupes, de partager les impressions sur les dossiers, de s’enrichir mutuellement, de se conseiller, et enfin de suivre une ligne directrice et d’avancer ensemble. Puis s’encourager, partager les ressentis de chacun vis-à-vis de la situation a renforcé l’empathie dans les équipes. Dans certaines entreprises, la distanciation sociale a finalement contribué à renforcer une communication de qualité. L’open space montrant ses limites en terme d’échanges. Ces derniers en visioconférence sur un temps donné se sont avérés plus constructifs, étant davantage concentrés sur l’essentiel, car plus limités dans le temps. Et si l’on conservait ce renforcement du lien ? Peut-être serait-ce bon de maintenir ces temps d’échanges qui fonctionnent à distance, sinon de les adapter pour « l’après » ?


Développer ses compétences par l’expérience des difficultés

Cette situation nous invite à conserver le positif et à l’adapter voire le développer pendant le confinement et par la suite, pendant le déconfinement. Apprendre de la situation nous permet de développer de nouveaux outils, de nouvelles compétences, et peut-être dans certains cas, une nouvelle offre, un nouveau produit, voire d’élargir son public, car nous sommes tou.te.s dans la même situation…

D’une situation imposée voire subie, peuvent émaner des enseignements. Des expériences, des échecs peuvent nous permettre de changer de cap, d’autres nous permettent au contraire de confirmer le chemin que l’on a pris. Par ailleurs, comme l’expose le philosophe Charles Pépin dans son ouvrage Les Vertus de l’échec, ce sont les erreurs, les obstacles, qui nous permettent de comprendre, d’avancer. Les scientifiques le savent bien. Pour toute expérience, il s’agit d’interroger son erreur, son échec, pour s’approcher de la vérité. Il en va de même pour les crises que nous avons à surmonter. Se confronter aux difficultés nous permet d’éprouver notre désir, nous confirmant ou nous infirmant dans notre voie. De plus, se confronter à pareille situation peut relancer notre créativité en réfléchissant à d’autres solutions, à d’autres voies possibles. Et si le confinement permettait aussi une prise de conscience du réel ? Prendre conscience que l’on peut agir sur « ce qui dépend de nous » comme le préconisent les philosophes stoïciens, en laissant de côté ce que nous ne pouvons changer, c’est-à-dire ce qui ne dépend pas de nous. 

« Ce qui dépend de toi c’est d’accepter ou non ce qui ne dépend pas de toi. » Épictète 

En nous adaptant à la situation, chacun de nous a éprouvé la philosophie stoïcienne. Ainsi, en faisant le bilan de cette période, nous pouvons tirer les enseignements de nos expériences, mettre en parallèle nos succès et nos échecs à l’issue du confinement, pour comprendre davantage comment nous fonctionnons et aller de l’avant, étape par étape, nous préparant à affronter de nouvelles épreuves futures.

 

Vers une société plus inclusive ?


Cette expérience particulière est l’occasion pour tou.te.s de vivre ce que vivent les personnes malades et les personnes handicapées. La crise du COVID-19 pourrait nous apprendre à mieux concilier, au quotidien, maladies, handicap et travail. C’est un sujet de société ouvert auquel nous devons rapidement apporter des réponses concrètes. Au-delà de la prise de conscience collective de la répercussion que peut avoir la maladie sur la vie personnelle et professionnelle des individus, la question de la maladie au travail nous confronte à des choix de société. La façon dont nous appréhendons et prenons en charge la maladie et le handicap, dans leur dimension sociale et professionnelle, impacte l’emploi et façonne les mécanismes de solidarité sur lesquels s’appuie notre système de protection sociale. Si certains doutent encore de l’importance de conjuguer maladies et travail, la situation imposée par la pandémie de COVID-19 permettra peut-être davantage d’actions. Cette expérience exceptionnelle peut être l’accélérateur pour l’inclusion des personnes malades et handicapées dans notre société. Nous avons tous à y gagner, humainement et économiquement.

La semaine prochaine, nous tâcherons d’aborder la préparation du retour au travail. Beaucoup de DRH s’interrogent sur le déconfinement, notamment sur la situation des personnes vulnérables.

 

Prenez soin de vous !

 


Ressources : 

– Travail-emploi.gouv : « Le compte personnel de formation (CPF) », 21 février 2020 ;
– Travail-emploi.gouv : « Coronavirus, le ministère du Travail vous informe et vous accompagne – Protéger les savoir-faire et les compétences », mars-avril 2020 ;
– Les Vertus de l’échec, Charles Pépin, Paris : Allary Édition, 2016.

Retrouvez nos articles sur le blog

BIEN VIVRE SON TÉLÉTRAVAIL, 15 avril 2020 ;
LA SANTÉ, ÇA SE TRAVAILLE !, 23 avril 2020.