03 DEC 2019 Audrey Lessens (pseudo ANABELLE)

RENCONTRE AVEC ANABELLE

Qui es tu ?

Je suis divorcée sans enfant, j’ai 40 ans, et je suis Belge.

J’ai insisté pour passer une écho en avril 2016 parce que je sentais que j’avais un cancer du sein. C’était exact.

J’étais indépendante à titre principal et employée à 2/5. Je me suis retrouvée en situation financière précaire très rapidement.

 Mon parcours « maladie et travail »  :

 L’annonce :

J’ai choisi d’en parler à tout le monde.

L’homme pour lequel je travaillais à temps partiel a été fantastique. Il a toujours mis ma santé au premier plan. Même quand j’ai recommencé à travailler pour lui, il a laissé une immense flexibilité dans mon temps de travail. Je pouvais faire le boulot à domicile et quand je voulais, du moment que le travail était fait.

Mes clients en tant qu’indépendante ont été compréhensifs bien entendu, mais ils ne m’ont pas attendue. Ce qui est totalement logique. J’en ai cependant retrouvé quelques uns.

Durant mon arrêt maladie à 100 %, j’ai été obligée de trouver des revenus financiers au noir. Avec mon état physique, je n’aurai pas pu reprendre mon activité à plein temps ou à temps partiel et je ne pouvais pas vivre avec ce que je touchais de la mutuelle. J’aurais été à la rue en 3 mois.

C’était très dur parce que la fin de la chimio a été épouvantable et j’aurais aimé ne pas devoir me soucier de l’aspect financier.

L’après  ?

J’ai pu reprendre un mi-temps médical. Comme je l’ai écrit plus haut, je pouvais faire le boulot à domicile et quand je voulais du moment que le travail était fait. Mon contrat s’est terminé le 30 septembre dernier pour des raisons politiques.

Je viens de recevoir une convocation de la mutuelle pour examen médical. Je suis incapable de reprendre un travail à temps-plein avec des horaires fixes pour le moment.

L’hormonothérapie limite ma résistance physique et entraîne les effets secondaires qu’on lui connaît. La maladie a absolument tout changé et je ne ferai pas un travail qui ne respecte pas mon rythme. Ma santé passe avant tout.

La maladie a également mis en exergue le fait de donner davantage de sens à mon activité professionnelle et d’engagement… comme en prenant le temps d’écrire sur le sujet, de répondre à ce questionnaire, d’être une oreille attentive pour d’autres patients.

Quel serait LE conseil que tu donnerais à ceux qui  rencontrent la maladie pour la première fois pour concilier maladie et travail   ?

S’écouter avant tout et se faire aider. Respecter son rythme, être gentil avec soi-même. Les autres ne sont pas dans notre peau.

LE truc ou astuce qui t’a aidé ?

SE FAIRE EPAULER de toutes les façons possibles. J’ai d’abord cru pouvoir tout gérer toute seule, jusqu’à ce que je m’effondre.

J’ai une incroyable psychologue grâce au service d’ oncologie, je ne dois pas payer les consultations. Il y a une association qui propose des ateliers, du sport et d’autres activités à prix très très abordables (voire gratuits les mois difficiles). Cette association s’adresse à des patients comme moi. Le personnel qualifié et les autres participants m’ont donné la force d’aller de l’avant quand j’étais épuisée d’avoir bataillé toute seule.

L’adresse ou le lien qui t ‘a été le plus utile ?

Cette association : http://www.re-source-delta.be/fr/

Pour aider à faire progresser les entreprises sur la maladie au travail, peux-tu nous citer 3 actions qui te semblent utiles à mettre en place pour mieux concilier maladie et travail ?

Prendre conscience que les effets des traitements ne se voient pas forcément et sensibiliser le personnel à cette problématique.

Permettre le télétravail quand c’est possible pour ceux qui le souhaitent, il arrive d’avoir de graves problèmes de fatigue ou de sommeil et il est rare de pouvoir faire une sieste au travail.

Briser les tabous, sensibiliser, informer et communiquer, encore et encore.