08 OCT 2019 ANNE DAVOLI

RENCONTRE AVEC ANNE

Qui es tu ?

J’ai 57 ans, je travaille en tant qu’animatrice sociale à 80 %, je suis responsable d’un secteur d’activités pour seniors à Genève.

Je suis mariée, et j’ai 2 enfants et 2 petits-enfants.

Mon parcours « maladie et travail »  :

 L’annonce :

N’ayant qu’un 20% de secrétariat, en plus de mon poste, j’ai annoncé mon cancer à mon supérieur hiérarchique qui est le directeur de l’institution.

Il n’avait que 5 minutes à me consacrer et cela a été très bref. Il fallait trouver une personne qui me remplace.

Le directeur a cherché une solution dans son coin, en me mettant à l’écart de toute décision.

Les traitements :

Comme je tolère bien mon traitement, pour le moment, j’ai demandé à venir travailler une demi-journée par semaine.

Je sens que mon directeur est sur la retenue. J’ai donc demandé de reprendre le travail à 10%. Mais je fais bien plus…

En terme de communication, mon directeur préfèrerait que je sois hors circuit et qu’une responsable en intérim prenne la relève.

Du fait que j’ai toujours un pied dans la maison, il a peur que je lui mette des bâtons dans les roues.

Les boîtes mail sont aussi difficiles à gérer. Qui fait quoi, adresse supprimée, déviée, lue par tous …

L’après :

Je n’en suis encore pas à mon retour complet, mais j’imagine que, selon le rythme de mes traitements, je vais pouvoir reprendre petit à petit ma place et que ma remplaçante réduira son temps de travail en fonction de ma reprise.

Pour aider ceux qui  rencontrent la maladie pour la première fois, peux-tu nous confier ton truc pour concilier maladie et travail ?

Je pense qu’il n’y a pas de « truc » ou de clé magique pour concilier maladie et travail.

Cela dépend avant tout de la charge du poste de travail et de la satisfaction que nous avons à travailler.

Pour moi, ce secteur est un peu « mon bébé », je suis seule avec 400 membres seniors que je connais depuis plus de 10 ans.

Puis, le facteur tolérance au traitement. Nous réagissons tous différemment aux divers traitements imposés, et nous ne pouvons pas dire à l’avance comment sera notre état de santé.

Donc difficile de dire si nous allons pouvoir continuer de travailler un peu ou pas du tout.

Pour aider à faire progresser les entreprises sur la maladie au travail, peux-tu nous citer 3 actions qui te semblent utiles à mettre en place pour mieux concilier maladie et travail ?

1 – Ne pas mettre l’employée à l’écart : qu’elle puisse garder l’accès à son bureau, sa boîte mail et sentir qu’elle est la bienvenue dans les locaux.

2 – Favoriser la communication avec la personne qui la remplace. L’employée doit avoir toutes les infos sur ce qui se passe au sein de son travail

3 – Adapter les logiciels de base de données concernant les heures effectuées, temps en maladie, temps de reprises en heures etc…