25 juin 2019 Karen Gridelet

RENCONTRE AVEC KAREN

Qui es tu ?

Je m’appelle Karen et j’ai 36 ans. Je suis en couple avec une fille de 8 ans et un garçon de 6 ans.

J’ai senti une boule en mars 2016 j’ai fait une échographie et une mammographie, mais rien de grave juste à surveiller. Puis j’ai trouvé que cette boule avait grossi, j’ai donc re-consulté et le verdict est tombé en janvier  2017.

J’ai prévenu mon employeur le lendemain et j’ai arrêté de travailler le jour même. Je n’avais plus la tête à ça, je devais l’annoncer à mes enfants et me soigner.

Mon employeur a été bienveillant et m’a dit de me consacrer à mes soins.

 Mon parcours « maladie et travail »  :

 L’annonce :

Je l’ai annoncé immédiatement au travail. J’ai eu de fortes réactions, des pleurs car cela faisait 14 ans que je travaillais dans cette entreprise.

Je n’ai pas eu à me soucier de l’organisation, ma responsable de l’époque et mes collègues ont assuré la continuité du travail.

Je n’ai eu aucune conséquence financière, car j’ai la chance d’avoir pu bénéficier d’un maintien de salaire.

Les traitements :

Je me suis arrêtée immédiatement car tout s’est enchaîné très vite opérations, chimio, rayons.

J’ai 3 heures de transport par jour et je ne voulais et ne pouvais plus tenir ce rythme. J’aurais aimé vers la fin des traitements reprendre mon travail, mais les transports me semblaient trop éprouvants.

J’ai gardé un peu de contact avec mes collègues, puis je suis revenue 3 fois pour déjeuner avec eux.

L’après :

A mon retour j’avais un nouveau responsable qui débutait dans cette fonction et qui a manqué, à mon goût, de bienveillance.

J’ai donc vu le médecin du travail au sein de mon entreprise afin de voir ce qu il était possible de faire. Vu mes 3 h de transport, il était déconseillé de faire des demies journées, mais plutôt des journées entières.

J’ai donc fait une proposition de planning à mon responsable qui a été refusée car non compatible avec le service. Un autre planning m’a été proposé.

Le retour a été difficile car je n’ai pas eu vraiment d’accueil. Après une si longue période d’absence, 18 mois, et une telle épreuve, on s’attend à un minimum d’empathie.

Mon quotidien au travail a changé car je ne vois plus les choses de la même manière. Mon travail me plaît, mais maintenant c’est ma santé avant tout !

Je me rend compte de jour en jour que la maladie m’a permis de faire une pause et maintenant je relativise beaucoup, je prends du recul et j’aime de plus en plus échanger avec les gens.

Je pense que j’ai beaucoup plus d’empathie qu’auparavant.

Pour aider ceux qui  rencontrent la maladie pour la première fois, peux-tu nous confier tes conseils pour concilier maladie et travail ?

* Bien se renseigner sur ses droits car on doit chercher les infos un peu partout.

* Bien préparer son retour pour plus de bien-être.

* Ne pas hésiter à dire « NON », plutôt que de se laisser envahir.

LE truc ou astuce qui t’a aidé ?

Prendre des notes pour ne rien oublier.

L’adresse ou le lien qui t ‘a été le plus utile ?

Je n’ai pas vraiment d’adresse, je suis allée chercher les infos auprès des RH, de la médecine du travail, et ah si la MSA pour connaître les modalités du mi temps thérapeutique.

Pour aider à faire progresser les entreprises sur la maladie au travail, peux-tu nous citer 3 actions qui te semblent utiles à mettre en place pour mieux concilier maladie et travail ?

1 : La bienveillance.

2 : un petit livret sur les droits, les démarches.

3 : prévoir des entretiens ou des journées de « remise en service ».