11 JUIN 2019

RENCONTRE AVEC AMELIE

Qui es tu ?

J’ai 41 ans, je suis pacsée avec 2 enfants, et je vis en Eure et Loir près de Dreux.

Je travaillais quand j’ai appris mon cancer. J’avais pris quelques jours pour me faire opérer d’un kyste au dessus de la poitrine… soi-disant bénin, il s’est révélé cancéreux! Une mammographie a ensuite révélé que mon sein droit était aussi touché par une tumeur de grade 2.

Mon parcours « maladie et travail » :

 L’annonce :

Oui, j’ai choisi d’en parler, dès que l’on m’a annoncé mon cancer du sein, j’ai tout de suite contacté mon manager. On a annoncé la nouvelle toutes les deux à l’équipe, lors d’une “réunion” : la principale réaction a été, hormis le choc et la peine, de m’entourer et de me soutenir.

Ma responsable, malgré son effroi (c’était une proche hors du travail), a pris les choses en main rapidement pour faire en sorte que je puisse facilement me détacher de mes activités, afin de pouvoir suivre mon traitement. Travaillant en tant que consultants, nous sommes flexibles et donc, avons l’habitude de reprendre les activités des uns des autres en cas de “force majeure” : c’est ce qu’on appelle le transfert de compétences. C’est ce qui s’est passé pour moi, j’ai pris le temps de former mon remplaçant sur mes divers sujets en cours.

Les traitements :

J’avais 1 h 45 de transport en commun à faire matin et soir pour me rendre sur mon lieu de travail, puis pour rentrer chez moi, donc il a été préférable que je cesse de travailler pendant mes traitements. La fatigue m’a vite empêchée de faire autant de trajet quotidien, et surtout  de prendre le train!

J’ai bien sûr gardé un lien avec mon équipe, nombreux m’appelant régulièrement, m’envoyant des messages, ou me rendant visite. J’ai même eu droit à une petite vidéo spéciale de soutien!

Même pendant mes chimios, j’envoyais des SMS à mes collègues pour leur faire part de mes souffrances,  j’avais besoin de leur soutien moral.

L’après :

Après un an de traitement, j’ai rencontré le médecin conseil et j’ai pu reprendre mon travail en mi-temps thérapeutique.

Mon manager, toujours la même, m’a d’abord proposé de suivre une formation dans un domaine de mon choix (toujours lié à ma fonction de consultante, mais sur un sujet que je voulais approfondir).

J’ai donc repris doucement mon travail, à mi-temps tout en suivant une formation sur un trimestre.

Comme, je l’ai écrit précédemment, en tant que consultants, nous intervenons pour des différents clients sur des projets divers que nous sommes plusieurs à connaitre. Le client pour lequel je travaillais à l’époque de l’annonce de ma maladie, n’a pas hésité à me reprendre au sein de l’équipe projet, acceptant l’aménagement de la charge de travail proposé par mon manager.

Concernant les personnes aidantes dans mon milieu personnel, mon conjoint a évidemment été là pour moi 100% du temps, lui-même imposant à son employeur d’aménager son organisation de travail, passant d’un travail en 2/8 à un travail en journée normale.

Ma mère m’a beaucoup soutenue aussi, lors des périodes de chimio, avec les enfants surtout.

Aujourd’hui j’ai changé d’employeur, lui-même est sensibilisé à la maladie. Ce changement est intervenu il y a 2 ans, quand j’ai décidé de voir ma vie professionnelle autrement.

J’ai rencontré CHRYMELIE et il y a eu un coup de foudre professionnel. Toujours consultante, mais cette fois dans une structure beaucoup plus petite (nous sommes 6), j’évolue différemment, plus confiante et plus combattante !

Je n’ai jamais eu beaucoup confiance en moi, mais là avec ce cancer et cette nouvelle vie professionnelle, je me suis sentie pousser des ailes pour mettre en œuvre des projets qui me tenaient à cœur depuis longtemps.

Mon quotidien au travail est toujours un peu fou du fait que je travaille loin de chez moi (je vis en Eure et Loir et travaille à Paris), mais mon manager actuel me suis de près, et nous échangeons régulièrement sur les dispositions que je dois prendre pour alléger mon quotidien : télétravail , aménagement de mes heures de travail selon mes rendez-vous médicaux, entretiens réguliers avec mon client actuel…

Pour aider ceux qui  rencontrent la maladie pour la première fois, peux-tu nous confier ton conseil pour concilier maladie et travail ?

Parler ouvertement de sa maladie, ne pas en faire un tabou. Les gens sont relativement compréhensifs et même quelque peu impressionnés par le parcours de vie qu’on est obligé de suivre à cause de la maladie. On est des « warriors », il ne faut pas l’oublier !

LE truc ou astuce qui t’a aidé ?

L’humour ! ça aide beaucoup pour prendre du recul. Et ça aide aussi beaucoup ses proches.

L’adresse ou le lien qui t ‘a été le plus utile ?

J’en ai plusieurs : l’association ONCO 28, la CAMI, ROSE Magazine, et bien sur CANCER@WORK

Pour aider à faire progresser les entreprises sur la maladie au travail, peux-tu nous citer 3 actions qui te semblent utiles à mettre en place pour mieux concilier maladie et travail ?

1 – Former systématiquement quelqu’un aux Ressources Humaines sur le sujet.

2 – Travailler plus en profondeur sur la thématique de l’Aménagement du temps de travail.

3 – Intégrer systématiquement dans la politique de l’entreprise le don de congés pour les aidants.