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RENCONTRE AVEC CHRISTINE

Qui es tu ?

Je m’appelle Christine, je suis mariée, j’ai deux enfants, j’ai 54 ans  et je vis en Nouvelle Calédonie.

C’est à 49 ans, que j’ai découvert une petite boule sous mon aisselle gauche, un jour, tout à fait par hasard, en me touchant mon aisselle, tout simplement.

Je ne travaillais plus à ce moment là, j’étais en recherche d’emploi, et en attente de réponse suite à plusieurs entretiens, car cela faisait 3 mois que j’avais démissionné.

Mon parcours « maladie et travail »  :

 L’annonce :

J’ai été contactée pour un nouvel emploi au moment où j’ai commencé les séances de chimiothérapie. Une société qui m’avait reçu en entretien quelques mois plus tôt, alors que je ne connaissais pas encore l’existence de la tumeur.

J’étais aux anges, on me proposait un CDD de quelques mois dont la fin coïncidait avec le début du traitement de radiothérapie. Néanmoins il fallait que j’annonce que je serais obligée de prendre un après midi toutes les trois semaines, de préférence le vendredi,  pour les séances de chimio.

J’ai donc expliqué que j’étais d’accord mais que ma situation avait changé et qu’il fallait que je puisse m’absenter un après midi toutes les 3 semaines et de préférence, si cela ne posait pas de problème,  le vendredi.

Condition qui a été acceptée sans que j’ai eu besoin de m’étendre sur le sujet, aucune question ne m’a été posée.

Seule ma collègue de bureau a été mise dans le secret, je ne souhaitais absolument pas le dire, je ne voulais pas que l’on sache !

Ma collègue a été très étonnée lorsque je lui ai confié « mon secret », elle n’avait pas vu que je portais une perruque. Rien ne trahissait encore les « dommages collatéraux » !

Elle m’a posé quelques questions et nous n’abordions le sujet que lorsque le jour J arrivait. Elle avait toujours un petit mot d’encouragement quand je partais.

Je n’ai jamais su si les autres collègues étaient au courant ou pas de ce que je vivais. Le porte à cathéter se voyait énormément, cela a dû susciter des interrogations ?  Ma décision de ne rien dévoiler a été respectée.

Les traitements :

J’ai continué à travailler mais seulement pendant mon traitement de chimio.

En 2014, il n’était pas encore possible de suivre les traitements de radiothérapie sur le Territoire Calédonien, il fallait partir soit en Australie, soit en France. Mon contrat se terminait pratiquement au moment de mon départ pour l’Australie.

Pour les séances de chimiothérapie, je quittais donc mon bureau le vendredi midi, je rentrais chez moi, prenais un en-cas et repartais avec le véhicule VSL qui m’emmenait à la clinique.

Je rentrais 3 heures après, épuisée complètement HS au fur et à mesure que la journée s’achevait. Les nausées commençaient.  Je comatais tout le week-end, et le lundi matin je reprenais ma place au sein de la société.

Ma collègue de bureau, me demandait comment la séance c’était passée, comment j’allais ? Et la routine reprenait comme si de rien n’était.

Certes fébrile toute la journée et la journée suivante, mais bien occupée, je n’avais pas le temps de penser.

Je n’étais que de passage dans cette société, je n’avais que quelques mois à côtoyer ces nouveaux collègues et nous n’avons pas eu le temps d’initier ni de mettre en places des routines ou projets.

 L’après :

Mon retour à la vie professionnelle a repris  deux mois après mon retour d’Australie et donc  de la fin du traitement de radiothérapie.

Cette fois-ci il s’agissait d’un CDI.

Je n’ai pas du tout préparé ce retour, cela ne m’a même pas effleuré l’esprit. J’ai fait ma rentrée comme si de rien n’était. Peut-être aurais-je du me préparer ?

Je ne souhaitais toujours pas que mes collègues sachent ce qui m’était arrivé et ce par quoi j’étais passée. Et je n’étais pas prête à en parler non plus.

J’avais les cheveux très courts et toujours le porte à cathéter qui se voyait comme le nez au milieu de la figure. Personne n’a été dupe, mais tout le monde a respecté mon choix de discrétion.

Ce retour à la vie professionnelle a été très dur, je ne me sentais pas à l’aise, j’étais mal dans ma peau, je manquais de concentration, et de confiance en moi, je faisais « bourde sur bourde » !

J’avais l’impression d’avoir tout oublié, de ne plus savoir faire mon travail, d’être complètement déconnectée, jusqu’à ce que je fasse une séance de PBA (psycho bio acupressure) suivie de séances de PMT (Pyramidal mémories transmutation).

A partir de là, tout a changé pour moi, je me suis sentie très vite beaucoup mieux, beaucoup plus à l’aise, pleine d’énergie et avec une envie d’aller de l’avant et de faire de belles choses.

Aujourd’hui à quoi ressemble ton quotidien au travail ? 

Aujourd’hui, je suis toujours au même poste. Beaucoup plus à l’aise, plus posée, plus impliquée dans mon travail.

J’ai envie de changement, je suis pleine d’ambition, je me sens « des ailes ».

J’ai envie de révolutionner mon quotidien. De m’investir dans de nouveaux projets comme par exemple le social.

Facile à dire mais pas toujours à faire ! Mais je ne désespère pas de faire les bonnes rencontres et d’avoir les opportunités qui m’aideront et me donneront les moyens de les réaliser.

Pour aider ceux qui rencontrent la maladie pour la première fois, peux-tu nous confier tes 3 trucs pour concilier maladie et travail ?

Ne jamais se considérer comme malade,

Penser qu’il y a toujours pire,

Ne jamais se décourager et être toujours dans le positif.

Quel serait LE conseil que tu leur donnerais

Ne jamais s’apitoyer sur son sort.

LE truc ou astuce qui t’a aidé ?

Savoir que j’avais un travail m’a aidé, car je voulais continuer à être comme « tout le monde ».

Avoir une vie sociale malgré tout et continuer à vivre comme avant : Me préparer, m’habiller et garder le contact avec des personnes non touchées par la maladie.

L’adresse ou le lien qui t’a été le plus utile ?

Aucun, car je n’ai jamais consulté internet.

On m’avait recommandé de ne pas le faire car aucun cas ne se ressemble. Chose que j’ai appliquée à la lettre.

Je ne savais pas qu’il y avait autant de liens, d’adresses, et de témoignages.

Je ne l’ai découvert que lorsque j’ai fait la promotion de mon livre, « UNE sur HUIT ».

Pour aider à faire progresser les entreprises sur la maladie au travail, peux-tu nous citer des actions qui te semblent utiles à mettre en place pour mieux concilier maladie et travail ?

Aménagement des horaires et/ou possibilités de pouvoir se reposer après le repas du midi.

Mise en place de moyens afin que les personnes concernées ne soient pas obligées de prendre leur véhicule pour faire les trajets maison/travail/maison, surtout les deux/trois jours qui suivent les séances de chimio.

Respecter le choix des personnes : la discrétion ou bien pouvoir en parler. Organiser des journées de cohésion et/ou sensibilisation.

Impliquer les sociétés dans des événements, dont les fonds récoltés seraient reversés à diverses associations.