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RENCONTRE AVEC MAGALI

Qui es tu ?

Je m’appelle Magali, j’ai 46 ans et j’habite à Tours.

Le cancer est arrivé au détour d’un examen, mais pas n’importe lequel, puisqu’il s’agissait d’une mammographie dite « de routine » dans le cadre du protocole de FIV (fécondation in vitro) dans lequel je m’étais lancée 6 mois auparavant.

Mon parcours « maladie et travail » :

 L’annonce :

J’étais sous le choc !

Mais le mépris de certain(e)s m’a obligée à révéler la vérité dans un contexte anxiogène.

Aussi, j’ai rapidement informé ma direction dont la réaction a été mitigée mais plutôt bienveillante : certains ont préféré prendre de la distance, par pudeur sans doute, tandis que d’autres se sont révélés compréhensifs.

En revanche, mon équipe s’est totalement désolidarisée de moi. Ainsi, deux personnes ont manigancé pour me diaboliser moi et mon travail et « savonner la planche »… pour mieux prendre ma place.

Les traitements :

J’ai été arrêtée durant 3 ans, d’une part à cause des traitements qui étaient lourds et nombreux ( 2 opérations, de la chimiothérapie suivie de radiothérapie) et d’autre part parce que je ne pouvais pas assurer 4h de transport quotidien pour me rendre au travail (je travaillais à Paris).

La distance, le contexte mais aussi beaucoup de mépris n’ont pas permis de maintenir le lien avec mon équipe.

En revanche, de mon côté j’avais à cœur, par professionnalisme j’imagine, d’informer régulièrement ma direction de ma santé afin qu’elle puisse s’organiser.

L’après :

À la fin des traitements et après la période de reconstruction durant laquelle j’ai eu 4 opérations, il m’a fallu envisager mon retour.

Pour cela, j’ai pris contact avec le Médecin du Travail qui a fait preuve d’une grande bienveillance à mon égard. Elle s’est entretenue à 3 reprises avec moi mais aussi avec mon médecin généraliste.

Nous avons évoqué des pistes de retour à l’emploi en excluant un retour dans l’entreprise qui m’embauchait à l’annonce de la maladie. Ainsi, nous nous sommes dirigées vers la solution du licenciement pour inaptitude. J’ai eu la chance également d’être très bien accompagnée par Pôle Emploi de ma ville.

Durant la maladie, même si je n’avais pas de travail salarié, j’ai beaucoup travaillé à titre personnel. J’ai effectué de la veille sur mon métier (j’étais responsable communication), suivi des webinars et envisagé la piste de reprise d’études.

Ainsi, et grâce à ma conseillère mais également à l’AGEFIPH, je suis entrée dans un Master en rapport avec mon métier, en novembre dernier.

Aujourd’hui, à quoi ressemble ton quotidien au travail ?

La maladie change ! C’est une parenthèse durant laquelle sa propre vie est entre les mains du corps médical.

On l’envisage que par étapes. Mais c’est également une passerelle : vers les autres et vers la vie « d’après », celle qui accueillera nos projets, notre énergie et notre enthousiasme.

C’est un peu ce message que je souhaite transmettre en étant administratrice de la Page #CMyNewMe, le forum des Cancer Bloomers.

Pour aider ceux qui  rencontrent la maladie pour la première fois, peux-tu nous confier ton truc pour concilier maladie et travail ?

Il y a pour moi, 2 leviers essentiels : l’amour de son entourage et la foi en Soi.

L’adresse ou le lien qui t ‘a été le plus utile ?

Google ! Je n’ai eu de cesse de chercher des informations sur Internet.

Pour aider à faire progresser les entreprises sur la maladie au travail, peux-tu nous citer 2 actions qui te semblent utiles à mettre en place pour mieux concilier maladie et travail ?

Action 1 : Tout doit partir de la direction. Et celle-ci doit valoriser l’humilité car la maladie peut toucher chacun(e) d’entre nous à tout moment, mais cela reste difficile dans le milieu professionnel où les notions de compétition sont très fortes.

Action 2 : Généraliser le télétravail pour les personnes en cours de traitement.