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RENCONTRE AVEC SANDRA

Qui es tu ?

Je m’appelle Sandra, j’ai 43 ans, suis mariée avec deux beaux enfants et je vis dans la région Lyonnaise.

J’étais en activité professionnelle lorsque je suis tombée malade et je venais de retrouver un emploi depuis 2 mois seulement.

Je revenais d’un week-end,  le 31 juillet. Je venais de laisser mon mari et mes enfants en vacances en Bourgogne, moi j’étais rentrée pour aller au boulot le lundi.

Ce fameux soir du 31, vu que j’avais mal au bras comme si j’avais fais des pompes, je me suis massée et là j’ai sentie cette boule qui me paraissait énorme.

La nuit a été terrible, j’étais très angoissée nuit blanche car au fond de moi je savais….

Je venais 3 mois auparavant de perdre ma maman d’une récidive d’un cancer du sein et ma sœur en avait eu un l’année précédente, donc je me suis dis allez c’est à mon tour ….

Je revois encore mon chirurgien me prendre la main et nous annoncer à mon mari et moi  que j’avais un cancer triple négatif, qu’il fallait m’enlever le sein, et que j’aurai de lourds traitements derrière.

J’ai pris sur moi pour faire bonne figure devant mon mari, et surtout pour l’annoncer à mes enfants. Comment leur dire que leur maman avait un cancer du sein alors qu’ils venaient de perdre leur grand mère de cette maladie, puis comment l’annoncer à mon papa également. Cela a été pour moi un crève cœur et très dur de leur annoncer, tout en ne leur montrant pas ma peur.

L’annonce :

La première personne qui a su que j’étais malade est ma collègue de travail, qui est également ma sœur de cœur, car le lendemain de ma découverte de cette boule, je suis allée au travail et la lui ai fait toucher. Elle a comprit immédiatement, j’ai vu dans son regard une immense tristesse et de la peur. Elle a été très présente, heureusement qu’elle était là car à ce moment personne ne le savait encore. Elle m’a soutenue et envoyé  immédiatement en radiologie, aux urgences, car bonjour le périple pour avoir une mammographie d’urgence au mois d’août …!

Les traitements :

J’ai dû arrêter de travailler pendant mes traitements car j’étais dans un tel état de fatigue et malade que je ne pouvais pas continuer. J’ai eu un énorme sentiment de culpabilité de devoir m’arrêter. Mettre ma collègue et amie dans l’embarras au travail, a été très douloureux pour moi.

Je rendais visite à mes collègues de temps en temps, quand mon état me le permettait, puis les dimanches, nous allions nous balader.

L’après :

J’ai repris le travail 6 mois après la fin de mes traitements. J’ai d’abord effectué un protocole de remise en forme « le programme alizée », ce programme est sur  12 semaines, deux jours par semaine, où  j’ai été prise en charge par des professionnels de la santé et du sport. Nous étions plusieurs femmes sortant de traitements. Ce programme est intense et difficile mais très très bénéfique, je le conseille vivement.

J’ai fini le protocole le jeudi et repris le travail le lundi en mi temps thérapeutique. J’ai fais un mois et demi en mi temps thérapeutique, puis j’ai repris mes horaires d’avant maladie.

Aujourd’hui à quoi ressemble ton quotidien ?

Ma vie reprend son cours, je travaille, 4 jours par semaine. Je suis à ¾ de temps comme avant, j’ai repris une activité sportive entre midi et deux.

Qu’est ce que la maladie a apporté ?

J’ai encore plus envie aujourd’hui de m ‘épanouir dans mon travail, je suis peut être plus impatiente qu’avant.

J’ai encore plus envie de voyager de découvrir le monde, la peur de la récidive est présente au quotidien, donc je veux profiter des choses qui me paraissent importantes à mes yeux.

Quel  conseil  donnerais tu aux personnes atteintes par la maladie, pour arriver à concilier maladie et travail ?

Le conseil que je donnerais est de s’écouter, écouter son corps, les traitements nous handicapent énormément, mais on a une telle rage de vivre et de passer outre cet handicap, que l’on est trop à 100% ! Et au final le corps s’épuise encore plus ! Donc il faut prendre son temps, prendre du temps pour soi, c’est méga important, faire les choses à son rythme et sans culpabilité (ce qui est difficile).

Le truc ou l’astuce qui t’a aidé ?

J’ai beaucoup noté et note encore aujourd’hui ce que je dois faire ou dire à ma collègue.

J’ai encore pas mal de « gros bugs » comme on dit, la mémoire en a prit un coup, par moment je suis encore perdue dans l’espace temps, et se concentrer toute la journée demande beaucoup d’efforts… donc je préfère prendre des notes pour ne rien oublier.

Pour aider à faire progresser les entreprises sur la maladie au travail, peux-tu nous citer 3 actions qui te semblent utiles à mettre en place pour mieux concilier maladie et travail ?

1- Mettre en place un mi temps thérapeutique est super important, cela permet de reprendre son activité en douceur.

2- Être à l’écoute de la personne, de ses coups de fatigues et des désagréments des traitements. Qu’on  lui laisse le temps de reprendre ses marques et accepter qu’au début la personne ne peut pas être à 100% productive.

3- Pouvoir mettre en place un aménagement du poste de travail  est important, avoir de la souplesse vis à vis des visites médicales et examens que l’on a  après la reprise du travail.