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RENCONTRE AVEC AGNES

Qui es-tu ?

Je m’appelle Agnès Barra, j’ai 50 ans. Originaire du Berry, je vis depuis l’âge de 10 ans en Provence dans le haut-Var près des gorges du Verdon. J’ai trois enfants, deux filles et un fils âgés respectivement de 33, 30, et 21 ans et suis mamie de trois petites filles. Je suis remariée, depuis Février 2005.

 Mon parcours « maladie et travail » :

 L’annonce:

Cogérante d’un organisme de formation continue, dont le siège social est à mon domicile, c’est avec mon bureau, ma chaise et mon cher clavier d’ordinateur, que j’ai dû composer de juin 2014 à juin 2018, date où j’ai rendu mon tablier.

Travailler de chez moi, j’en rêvais depuis longtemps et lorsque suite à une malchance professionnelle, je décide de m’investir H24 dans la société de mon époux et que 12 mois plus tard, le cancer s’ajoute à mes nombreux dossiers… Là, branle-bas de combat c’est la cata !

L’option qui, au départ, me semblait adaptée à la vie que je désirais, m’a en fait totalement, coupée du monde et complètement éloignée de tout ce qui me faisait vibrer jusqu’alors. Et la maladie, avec son flot ininterrompu de « nouveautés », n’a fait qu’accentuer cet interminable isolement.

Alors oui c’est vrai qu’en période de traitements lourds et de fatigue invalidante, ne pas avoir à me justifier auprès d’un employeur ou de devoir présenter un arrêt de travail c’est plutôt confortable. Mais ma condition a eu comme incidence de me couper de toute vie sociale. Sans parler qu’ALD et RSI, ne sont pas la panacée non plus.

Les traitements :

Juin 2015, un carcinome lobulaire infiltrant de grade 2 à mon sein droit débarque sans crier gare et à ce jour, après une mastectomie, 2 protocoles de radiothérapie et 3 rechutes (os et foie), je me retrouve, à mon corps défendant, étroitement liée aux traitements et milieux médicalisés.

L’après :

Oui la maladie a totalement disloqué ma réalité d’avant. Elle a contribué à révéler mon caractère, mes failles et mes faiblesses. Et je me surprends souvent à dire que le cancer m’a montré comment aimer ma vie et apprécier chacun de ses instants.

Grâce à cette immobilité forcée et au travail en profondeur que mes souffrances ont engendrées, aujourd’hui je me réoriente professionnellement et décide de faire ce qui est bien et bon pour moi à savoir : Écrire.

C’est donc dorénavant, accompagnée de ma chienne Pearl, de mon PC et de mes idées qui s’emballent que dès que ma santé et mes forces me l’autorisent, que je taille la route…

A ce sujet , invitée à le faire par le staff d’Allo Alex, je vous informe que mon premier témoignage « Mad’Ame est servie ! » paru aux éditions Sydney Laurent et illustré par Korrig’ Anne est en vente en librairie ou sur Internet depuis août 2018 et qu’une suite est actuellement en cours d’écriture et je me régale !

Pour aider ceux qui  rencontrent la maladie pour la première fois, quel serait LE conseil que tu leur donnerais pour concilier maladie et travail ?

Parler de sa maladie – casser les idées reçues et zapper les non-dits. Utiliser tous les moyens de communication interactifs que propose Internet ( Pour celles et ceux qui ont fait le choix de travailler de chez soi, ça va de soi). Changer de voie, pour les moins satisfaits et se donner les moyens d’atteindre son objectif.

LE truc ou astuce qui t’a aidé ?

Mon audace.

L’adresse ou le lien qui t ‘a été le plus utile ?

Pas un en particulier mais plusieurs : Ceux auprès de qui je trouvais matière à casser mon isolement en parlant de mes peurs, de mes joies, de mes peines et surtout DE MES ENVIES.

Pour aider à faire progresser les entreprises sur la maladie au travail, peux-tu nous citer 3 actions qui te semblent utiles à mettre en place pour mieux concilier maladie et travail ?

: Mettre en place des cellules d’écoute pérennes.

2 : Aménager le temps de travail en fonction du degré de fatigue ou du handicap de la personne.

3 : Proposer des solutions de réorientation professionnelle, dans le cas où la personne comprend qu’il est temps pour elle de l’envisager.