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RENCONTRE AVEC NATHALIE

Qui es-tu ?

Je m’appelle Nathalie, j’ai 45 ans ,et j’habite à Pantin.( Très proche banlieue parisienne)

Je suis comédienne, photographe, metteur en scène et réalisatrice. Donc artiste pluridisciplinaire.

La maladie est arrivée par hasard dans ma vie. A la suite d’un contrôle de routine, il y a bientôt deux ans. La sonde de l’écho s’est attardée sur un fibrome qui n’en était pas un.

Je travaillais, je tournais et j’intervenais en milieu carcéral comme comédienne pour faire découvrir des textes et réfléchir sur notre société.

Le travail, pour moi, c’est une source d’épanouissement depuis que j’ai trouvé ma voie. Je me suis longtemps cherchée. Je n’ai pas voulu assumer mon côté artistique préférant faire l’autruche.

 Mon parcours « maladie et travail » :

L’annonce :

Etant comédienne, cela m’était difficile d’en parler. Car nous sommes dans un métier d’image. On doit faire rêver et non pas faire pleurer. Enfin, c’est le stéréotype qui est véhiculé par notre culture.

Le cancer touche tout le monde. Au départ, je voulais le cacher. Ne pas être la femme qui a juste eu le cancer du sein. Etre cataloguée.

Et puis, je me suis dit que c’était crétin parce que justement la maladie s’inscrit dans la vie. C’est ainsi et l’occulter, c’est renforcer son côté tabou dans notre société. L’afficher, c’est montrer que cela peut être une parenthèse brève.

J’ai été soutenue par des personnes avec qui j’avais travaillé mais aussi par des amies, des relations, des inconnus. Et cette solidarité m’a beaucoup aidé et énormément touchée.

Les traitements :

J’ai arrêté de travailler car physiquement les traitements allaient me mettre K.O. C’était une année off, pendant laquelle j’ai beaucoup réfléchi sur mon avenir. Et surtout, cela m’a permis de me consacrer à l’écriture.

L’après :

Dans notre métier, c’est difficile de préparer le retour. Il a fallu retrouver mon statut d’intermittente que j’avais perdu à cause de la durée des traitements.

J’ai un peu tourné. Mais il faut tout remettre en place. Le physique n’est plus le même.

Il n’y a pas d’accompagnement spécifique pour les comédiennes qui ont traversé des traitements lourds. C’est difficile aussi d’avancer cet argument de maladie dans la recherche de tournages.

Je n’ai pas envie de faire pitié. J’ai juste envie de faire mon métier avec plaisir. Alors on réinvente son travail. Sa créativité.

La maladie m’a apporté plus de niaque. Le plaisir de vivre et de profiter de chaque jour.

J’ai plus d’énergie créatrice. Je fourmille de projets. Je prends le temps de finir, de peaufiner alors qu’avant je me dispersais. Je tâtonnais, j’hésitais … Là, je sais où je veux aller.

Pour aider ceux qui  rencontrent la maladie pour la première fois, peux-tu nous confier tes  trucs pour concilier maladie et travail ?

De ne pas se laisser abattre par la maladie. D’en faire au contraire une force : Pour vivre tous les traitements, nous sommes obligés de renforcer notre mental. Et cela c’est précieux pour les entreprises. Voire dans mon cas, pour des rôles.

Nous ne sommes plus les mêmes. Personnellement, je suis devenue plus positive. Cela n’empêche pas les angoisses de récidive. Je n’ai plus peur au sens général et je prends tout ce qui est bon pour ma vie.

Sourire est ce qui m’a le plus aidé. Et vivre au jour le jour. Un peu de méditation aussi pour tonifier le corps et l’esprit.

Pour aider à faire progresser les entreprises sur la maladie au travail, peux-tu nous citer des actions qui te semblent utiles à mettre en place pour mieux concilier maladie et travail ?

Accompagner de manière plus spécifique les artistes intermittents dans le retour à l’emploi après une maladie longue durée.

Mettre en place un suivi social et des dispositifs prioritaires de partenariat pour qu’il puisse faire facilement ses cachets.