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RENCONTRE AVEC CAROLINE

Qui es-tu ?

Je m’appelle Caroline, j’ai 36 ans. Je suis originaire d’une petite ville en Normandie et j’habite actuellement dans les Yvelines. Je suis mariée et nous avons 2 enfants de 6 et 10 ans.

En 2013, mon mari reçoit une opportunité professionnelle sur l’île de la Martinique. On se dit « Go », on y va et je pourrai développer là-bas mon activité de consultante RH que j’avais créé 2 ans plus tôt pour le secteur de l’hôtellerie restauration. Très rapidement après notre arrivée en Martinique, je découvre une grosseur au niveau de mon sein gauche. S’en suit une batterie d’examen : échographie, mammographie, biopsie…et le verdict tombe en nombre 2013… Une tumeur s’est invitée dans mon sein gauche. C’est le choc!

Mon parcours « maladie et travail » :

  1. L’annonce :

Je n’ai pas eu l’occasion de parler de la maladie au travail car j’étais travailleur indépendant. Par contre j’ai eu besoin d’en parler très largement autour de moi, dans les différents cercles de ma vie. J’ai eu besoin de communiquer pour évacuer mais aussi pour recevoir du soutien.

  1. Les traitements :

À notre arrivée en Martinique, je devais m’occuper de la communication et de la commercialisation autour de mon activité de consultante RH, mais tout ceci demandant une grande énergie et les traitements me mangeant une grande partie de mon énergie, j’ai décidé de mettre en « standby » mon activité professionnelle.

Quelle mauvaise nouvelle lorsque j’ai appris qu’en tant que profession libérale je n’avais le droit à aucune indemnité journalière… Je suis tombée de haut!

Par contre j’ai éprouvé le besoin de beaucoup écrire pendant les traitements, écrire pour me libérer dans un premier temps et écrire pour accompagner les autres ensuite.

Concernant les petites routines, ce n’était donc pas avec des collègues mais avec moi-même… je me suis fait un petit cadeau après chaque chimio. C’était ma façon à moi de rendre agréable un moment qui ne l’était pas.

  1. L’après :

A la fin des traitements lourds, j’ai sombré dans une dépression à laquelle je ne m’attendais pas du tout. J’ai remis en question ma vie entière, perso et pro. J’ai rapidement décidé de clôturer mon cabinet de conseil RH. Je sentais qu’un grand changement était en train de s’opérer en moi.

Je me suis faite accompagner à ce moment là par une kinésiologue (la kinésiologie est une pratique professionnelle destinée à favoriser un état d’équilibre et de bien-être physique, mental et émotionnel) et par une coach-psychologue qui m’a aidé à y voir plus clair dans ce qui était en train de se profiler, à savoir l’arrivée de l’écriture dans ma vie !

Mon coaching a été pris en charge par mon OPCA, le FIFPL.

J’ai alors commencé à écrire à différents niveaux : écriture de manuscrits autour de la maladie et autre, rédaction d’articles de magazine et animation d’ateliers d’écriture pour les enfants.

Aujourd’hui, à quoi ressemble ton quotidien au travail ?

Aujourd’hui j’ai parfaitement compris quelle était ma « mission » sur terre. Je sais ce qui me fait me lever tous les matins avec des papillons dans le ventre. Je n’attends plus impatiemment le week-end dès le lundi matin et encore moins la retraite pour enfin commencer à vivre pleinement (comme ça pouvait être le cas avant, comme beaucoup de personnes…).

Je me réalise pleinement dans mon activité professionnelle, une activité qui me ressemble et qui correspond à qui je suis profondément, à mes valeurs. J’ai découvert la congruence, c’est à dire le fait d’être alignée avec moi, d’agir dans ma vie perso et pro selon qui je suis réellement et non plus comme les autres aimeraient que je sois.

Cette maladie m’a permis de mieux me connaitre, d’apprendre à m’aimer et d’apprendre à vibrer même dans le travail !

Aujourd’hui une de mes activités pro est d’écrire avec toujours ce fil rouge autour de l’accompagnement d’autrui. Je me concentre sur l’écriture de livres. Mon petit dernier, un compagnon de route pour les femmes de l’annonce de la maladie jusqu’à leur résilience, « Comment vivre son cancer au quotidien » paru le 15/03/2018 aux éditions de la Martinière.

J’ai une deuxième activité professionnelle qui est la pratique de la kinésiologie. Cette pratique qui m’a fait tant de bien et qui m’a aidé a me révéler, je souhaite à mon tour l’utiliser pour aider chacun sur son chemin de vie.

Pour aider ceux qui  rencontrent la maladie pour la première fois, peux-tu nous confier tes 3 trucs pour concilier maladie et travail ?

– Toujours se demander si on est à la bonne place. Est-ce que je suis heureuse dans mon activité pro?

– Se respecter, savoir écouter son corps et le mettre sur « pause » si on en éprouve le besoin…

– Communiquer avec son entourage professionnel. Parler de la maladie, dire les choses qui sont devenues difficiles à faire au travail et formuler ce dont nous avons besoin pour adoucir au maximum cette période et nous permettre de rester dans notre emploi.

Quel serait LE conseil que tu leur donnerais ?

Faites le maximum de choses qui vous font vibrer ! Dans le perso et au boulot, c’est pareil, soyez Vivants dans tout ce que vous faites !

LE truc ou astuce qui t’a aidé ?

Écrire, écrire et écrire, mes états d’âmes pour me libérer mais aussi et surtout mes projets pour passer du rêve à ma réalité..

L’adresse ou le lien qui t ‘a été le plus utile ?

Sur le moment je n’ai rien trouvé qui me convenait vraiment… D’où l’écriture du livre « Comment vivre son cancer au quotidien ».

Pour aider à faire progresser les entreprises sur la maladie au travail, peux-tu nous citer 3 actions qui te semblent utiles à mettre en place pour mieux concilier maladie et travail ?

Sensibiliser encore plus les entreprises au bien-être des collaborateurs, s’en préoccuper avant que la maladie ne s’invite.

Communiquer auprès des collaborateurs de façon générale sur la maladie, faire tomber les tabous afin que la personne qui a été souffrante et qui revient au travail se sente comprise et accueillie.

Organiser des actions en entreprise afin de présenter certains dispositifs autour de la maladie (livres sur le sujet, associations ou entreprises qui proposent produits ou services autour de la maladie) et ainsi participer à dédramatiser ce sujet qui fait encore peur.