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RENCONTRE AVEC MARIE

Qui es-tu ?

Marie, 45 ans.

Je vis dans le Limousin. Je suis mariée et ai un fils de 13 ans et une fille de 11 ans ½.

Quelle est ta formation ?

J’ai fait des études de médecine et je suis spécialisée en gynécologie-obstétrique.

Quel métier exerces-tu ou aimerais-tu exercer ?

Je suis ravie et fière  d’être  gynécologue-obstétricienne.

Pourquoi as-tu choisi ce domaine ?

Pour aider les femmes dans leur féminité, leur maternité et leur maturité !

A la relecture de mon héritage familial suite à la découverte de mon cancer du sein, ma mère ayant eu beaucoup de soucis gynécologiques et obstétricaux (kystes dermoïdes, arrêt cardiaque lors d’une césarienne, hystérectomie avec dépression réactionnelle) et ma grand-mère maternelle ayant perdu son 1er enfant à l’âge de 6 mois, l’orientation vers cette spécialité était évidente…

Quand tu as appris que tu avais un cancer, quelle était ta situation professionnelle ?

J’étais praticien hospitalier dans un CHU. Je pratiquais les accouchements, la chirurgie gynécologique, l’échographie.

As-tu choisi d’en parler à ton entourage professionnel ?

Bien-sûr ! C’est même un de mes collègues qui m’a opérée et une de mes collègues qui m’a suivie en oncologie.

Comment les gens ont-ils réagi ?

Ils ont été choqués.

Mon chef de service m’a demandé : « Qu’as tu dit à tes enfants ? Que maman est malade ai je répondu. Il m’a répondu : Tu n’es pas malade, tu as une tumeur !  »

Je reçois en pleine figure cette révélation explosive. C’est vrai. Tout bien considéré, je ne suis pas malade ; il s’agit seulement d’une tumeur à enlever.*

As-tu continué à travailler ou à te former ou t’es-tu arrêté pendant les traitements ?

Au début pensant n’avoir que de la radiothérapie après la mastectomie, j’envisageais de continuer de travailler. Les 4 cures de chimio ont changé la donne. J’ai été arrêtée 11 mois et ai repris en mi-temps thérapeutique pendant 6 mois.

As-tu rencontré des difficultés particulières ?

Le diagnostic du cancer du sein, les traitements (mastectomie, curage axillaire, chimiothérapie, radiothérapie, hormonothérapie, reconstruction mammaire) ont été une vraie tempête psychologique  pour la gynécologue que je suis. J’ai ainsi découvert l’envers du décor : ce difficile parcours du soigné quand on est soignant. J’ai laissé tomber ma blouse blanche.

Qu’est-ce qui et/ou qui t’a aidé ?

En premier lieu ma famille.

Le soutien de l’équipe avec laquelle je travaillais (les secrétaires, les sages-femmes, les médecins). Je me suis organisée des rendez-vous de semaine non médicaux quand j’étais en arrêt : avoir un but autre que la maladie quand le planning n’est que régi par elle.

La reprise à mi-temps thérapeutique a été salutaire même si j’ai dû imposer mon emploi du temps, valider l’arrêt de la pratique en salle d’accouchement et au bloc et donc des gardes de nuit par une commission de 3 professeurs en médecine.

Les RTT collectés sur mon CET qui m’ont permis de faire une pause tous les mercredis lors de ma reprise à temps plein.

Qu’est-ce qui et/ou qui aurait pu t’aider ?

La médecine du travail dépendante de la validation de cette commission  pour la reprise à mi-temps thérapeutique tous les 3 mois parce que je suis praticien hospitalier ! Cette lourdeur administrative ancestrale qui m’a empêchée de poursuivre pendant 6 mois supplémentaire.  Après une longue maladie, la reprise à mi-temps thérapeutique pendant 1 an devrait être obligatoire et d’office !

L’interdiction de travailler de nuit. Il a fallu que je retourne voir le médecin du travail 4 ans après le diagnostic pour lui expliquer ma fatigue alors que j’avais repris 1 garde par mois depuis 2 ans. Il m’a exempté 6 mois de gardes et il a fallu me justifier. Visiblement quand on est arrêté pour burn-out, on a le droit d’être exempté pour toute sa carrière !

Quel a été l’impact du cancer dans ta vie professionnelle ?

J’ose dire très positif !  J’étais déjà avant beaucoup dans l’empathie avec mes patientes, je le suis encore plus. Je me considère la mieux placée pour les accompagner dans leur parcours de femme et de surcroît quand elle passe par la case cancer.

As-tu changé de métier/parcours ? Ou développé un nouveau projet ?

Je suis toujours gynécologue-obstétricienne mais j’ai quitté le CHU et ai changé de région. Je me suis installée en clinique et j’ai posé mes conditions : plus d’accouchements, plus de chirurgie et un travail à 80%. Depuis je revis !

A ton avis, quelles qualités et compétences as-tu gagné en étant confronté à cette maladie ?

Je me suis formée en hypnose éricksonnienne que je pratique à mes patientes pour leurs soucis gynécologiques ou obstétricaux. Il manquait à ma prise en charge un maillon pour leur bien-être. L’après cancer m’aura aidée à me tourner vers des médecines convergentes (homéopathie, acupuncture, auriculothérapie, micronutrition).

Comment as-tu connu Allo Alex, as-tu déjà testé les services ?

J’ai découvert Allo Alex grâce à une page Facebook. J’étais heureuse de voir qu’il y avait (enfin !) un site sur lequel on pouvait partager l’impact du cancer dans notre vie professionnelle. Il y a beaucoup à faire dans ce domaine car la reprise du travail est essentielle dans le fait de se retrouver soi-même après la maladie.La médecine du travail doit avancer sur le sujet et particulièrement pour les médecins qui pensent en être épargnés.

As-tu quelque chose à rajouter ou des infos essentielles que tu aimerais partager ?

Cette parenthèse désenchantée dans ma vie personnelle et professionnelle a été pour moi l’occasion d’en faire quelque chose … de positif … écrire … avec la double facette du soignant se faisant soigner et du soigné qui fut soignant.
Je vous confie mon exutoire « Espoir et Victoire. Le comble pour une gynécologue »*  que vous trouverez aux Editions du net.