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RENCONTRE AVEC CELINE

Qui es-tu ?

Je suis Céline, j’ai 34 ans. J’habite à Lyon avec mon mari.

A 32 ans, au cours d’un examen médical, je découvre que j’ai « une masse » dans le ventre.

Je n’ai aucun symptôme particulier, ni douleur, ni perte de poids, ni grosse fatigue.

Les médecins me prescrivent une ribambelle d’examens médicaux et je comprends vite qu’ils recherchent un cancer.

Je suis alors directrice d’une résidence services pour seniors de 144 appartements, avec 150 résidents et une équipe de 25 collaborateurs.

MON PARCOURS « MALADIE ET TRAVAIL »:

 L’annonce :

Au début, les médecins ne parlent pas encore de cancer, mais les indices collectés au cours des nombreux examens médicaux m’orientent inéluctablement vers cette effrayante réalité.

Durant cette période, que je vis comme une fulgurante descente aux enfers, je continue à travailler.

Je commence à évoquer ma situation avec mes supérieurs. Les événements s’enchaînent vite et diriger une résidence aussi grande implique d’importantes responsabilités.

Je ne sais pas encore si je vais devoir m’arrêter mais je veux qu’ils puissent anticiper mon remplacement au mieux, pour le bien des résidents et de l’équipe.

Au milieu de tout cela, mes supérieurs m’annoncent que l’évolution professionnelle que je souhaitais va devenir réalité ! La prise de poste est prévue dans 7 mois, le temps d’organiser mon remplacement à la résidence.

Je leur réponds que je dois me faire opérer et qu’il est fortement probable que je doive m’arrêter pour soigner un cancer.

Ils sont très compréhensifs et me disent clairement de  prendre le temps qu’il faut pour me soigner.

Une première opération est prévue rapidement, mi-février 2016. Les médecins ne sont pas sûrs de ce qu’ils vont trouver.

J’annonce à mon équipe, puis aux résidents, une opération en urgence suivie d’un arrêt maladie d’un mois, sans annoncer de cancer.

Du renfort arrive à la résidence pour me remplacer.

Cette première opération confirme un cancer, des ovaires en l’occurrence. Elle est suivie d’une deuxième opération, fin février 2016, beaucoup plus importante, pour tenter d’enlever totalement la tumeur.

Le médecin m’annonce d’ores et déjà une chimiothérapie et un long arrêt de travail jusqu’à septembre 2016.

Je préviens mes supérieurs pour qu’ils puissent organiser mon remplacement.

Ils décident alors de me remplacer définitivement, en vue de la prise de mon nouveau poste à la rentrée 2016.

C’est un de mes collègues qui est nommé nouveau directeur de la résidence. Mes supérieurs me proposent de venir à la résidence pour annoncer ma longue absence, mon évolution sur mon nouveau poste et l’arrivée de mon collègue en tant que nouveau directeur.

Les traitements :

Je m’arrête de travailler pour me consacrer entièrement à mes traitements. Je m’inscris à des activités pour éviter que mon agenda ne compte que des RDV médicaux : yoga, sport adapté, cours de tricot, art thérapie, ballades quotidiennes, visites de musées, etc.

Mes supérieurs et mes collègues me demandent régulièrement des nouvelles, en toute bienveillance, sans pression.

Je garde contact par des coups de fils, des mails et SMS.

L’après :

J’ai préparé mon retour avec ma nouvelle équipe, un mois avant la reprise. J’ai effectué ma visite de reprise à la médecine du travail. J’ai repris le travail à temps plein.

Dans mon entreprise, chaque salarié bénéficie d’un parcours d’intégration à son arrivée. J’ai eu droit à un second parcours d’intégration du fait de ma longue absence.

Tout le monde a été bienveillant, à l’écoute, sans être stigmatisant.

Aujourd’hui, cela fait un an et demi que j’occupe mon nouveau poste et il correspond tout-à-fait à mes attentes.

L’expérience du cancer m’a permis de mieux gérer les imprévus et les incertitudes. Elle me pousse aussi à agir au lieu de trop réfléchir.

La bienveillance est devenue indispensable à mon bien-être : bienveillance envers moi-même et envers les autres.

Pour aider ceux qui  rencontrent la maladie pour la première fois, peux-tu nous confier tes 3 trucs pour concilier maladie et travail ?

Déterminer quel est, pour soi, le meilleur équilibre entre :

Le temps et l’énergie à réserver à son corps et son mental pour supporter les traitements.

Ce que le travail peut nous apporter pendant les traitements : vie sociale, impression de garder une part de normalité, penser à autre chose, mais aussi éventuellement fatigue, stress et conflits.

L’aspect financier : bien se renseigner sur le régime de prévoyance de l’entreprise, pour évaluer au mieux la perte de salaire sur la durée.

Pour aider à faire progresser les entreprises sur la maladie au travail, peux-tu nous citer 3 actions qui te semblent utiles à mettre en place pour mieux concilier maladie et travail ?

Témoignages de patients et d’anciens patients dans les entreprises pour ouvrir le dialogue, déclencher des réflexions et briser le tabou de la maladie au travail.

Proposer de la flexibilité dans les horaires de travail la première année, le temps que la fatigue se dissipe.

Former les médecins du travail à la gestion de la maladie chronique en entreprise.

LE truc ou astuce qui t’a aidé ?

Savoir que mon nouveau poste m’attendait à la fin des traitements.

L’adresse ou le lien qui t ‘a été le plus utile ?

J’aurais adoré avoir AlloAlex pendant mes traitements !