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Rencontre avec Amélie

Amélie a 32 ans, est mariée et vit à côté de Toulouse.

Quelle est ta formation ?

Je suis infirmière diplômée d’état.

Quel métier exerces- tu ou aimerais-tu exercer ?

Je travaille comme infirmière dans un laboratoire d’analyses médicales, mais j’ai réalisé en octobre 2016 une formation de prothésiste ongulaire, avec des produits type gel organique, afin de pouvoir travailler auprès des femmes en traitement de chimiothérapie.
L’idéal pour moi serait de poursuivre mon activité d’infirmière en laboratoire à mi temps et le reste du temps, exercer en tant que prothésiste ongulaire auprès des femmes malades.

Pourquoi as-tu choisi ce domaine ?

J’ai toujours voulu travailler dans le milieu médical depuis toute petite, mais depuis que je suis passée de l’autre côté de la barrière, il m’est plus difficile de prendre le recul nécessaire pour vivre sereinement mon métier.

Quand tu as appris que tu avais un cancer, quelle était ta situation professionnelle ?

J’ai appris mon cancer alors que je travaillais au sein de mon entreprise depuis 2 ans.

As-tu choisi d’en parler à ton entourage professionnel ?

J’en ai parlé assez rapidement, car je travaillais dans la clinique où j’ai réalisé mes examens médicaux et certaines de mes interventions. La nouvelle aurait fini par se répandre très vite. J’ai préféré prendre les devants.

Comment les gens ont-ils réagi ?

J’ai pu observer plusieurs réactions. Beaucoup étaient très peinés pour moi, d’autres me disait que ce n’était rien, qu’un cancer du sein aujourd’hui ça se guérit presque comme un rhume, et encore d’autres semblaient indifférents à ma situation.

As-tu continué à travailler ou à te former ou t’es-tu arrêté pendant les traitements ?

J’ai arrêté de travailler durant mes traitements: 10 mois d’arrêt, le temps des interventions, de la chimio et des rayons. Puis j’ai repris à mi temps thérapeutique et enfin à 80%, car l’hormonothérapie me fatiguait pas mal. Ainsi que mes horaires de lever, à 5 h du matin, qui  étaient devenus très difficiles !

As-tu rencontré des difficultés particulières ? 

J’ai eu beaucoup de mal à reprendre le travail, car j’avais demandé à mon employeur de m’accorder des horaires aménagés, suite à ma fatigue physique, et certaines de mes collègues n’ont pas apprécié. Elles enviaient mes horaires mais bien évidemment pas ma situation de santé ! Je sentais que pour certains, il fallait que je passe à autre chose, marre d’entendre dire que j’avais été malade…. C’était très dur!

Qu’est-ce qui et/ou qui t’a aidé ?

Les nouveaux horaires que m’ont accordé mon employeur m’ont permis de tenir niveau fatigue. Je ne faisais plus l’amplitude horaire 7h30-11h/ 15h30-19h30, trop fatigante pour moi. Et de lui-même, il ne me faisait plus faire de week-end. Je trouvais également du réconfort auprès de certains collègues, peu, mais je pouvais quand même parfois parler de mes difficultés.

Qu’est-ce qui et/ou qui aurait pu t’aider ?

Changer d’environnement professionnel.

Quel a été l’impact sur ta vie professionnelle ?

Je n’ai plus envie de travailler auprès de personnes malades dans les hôpitaux ou cliniques, car désormais j’ associe trop ces lieux aux soins invasifs qui ont pu me faire tant souffrir ou me faire si peur, et je n’arrive plus à prendre le recul nécessaire. Mais cela m’à permis de trouver une nouvelle vocation dans laquelle je m’épanouis. Pouvoir aider les femmes qui passent par les mêmes difficultés que j’ai pu rencontrer est devenu une évidence, cela me permet de me dire que toutes ces épreuves ne sont pas arrivées pour rien !

As-tu changé de métier / parcours ? Ou développé un nouveau projet ?

J’ai réalisé une formation de prothésiste ongulaire et je travaille avec des gels organiques respectueux de l’ongle pour les femmes en traitement de chimiothérapie. J’ai pu suivre une amie durant ses traitements et le résultat a été tellement à la hauteur que je souhaite developper d’avantage cette activité et pouvoir y consacrer au moins la moitié de mon temps de travail.

A ton avis, quelles qualités et compétences as-tu gagné en étant confrontée à cette maladie ?

Je suis plus à l’écoute, plus patiente.

Comment as-tu connu Allo Alex, as-tu déjà testé les services?

J’ai été contactée afin de répondre à cette petite interview, suite à un commentaire laissé sur la page Facebook de Rose magazine mais je ne connaissais pas allô Alex, je n’ai donc jamais testé ses services..

As-tu quelque chose à rajouter ou des infos essentielles que tu aimerais partager ?

Je suis en récidive de mon cancer du sein depuis le mois de janvier. J’ai dû reprendre la chimiothérapie injectable très fatigante et j’ai à nouveau dû être en arrêt maladie. Même en ayant repris mon activité professionnelle hors mi temps thérapeutique durant 4 mois, la sécurité sociale m’a passée en pension d’invalidité d’office puisque cela faisait 3 ans que j’étais prise en charge pour ma pathologie. Cette pension est calculée sur une base de 10 années de salaire, si comme moi vous n’avez pas eu l’occasion de travailler 10 ans peu importe le calcul se fait malgré tout avec des années où vous n’avez rien perçu. La pension peut alors être dérisoire et vous plonger dans une situation financière précaire. Mon conseil est d’essayer d’anticiper au mieux, de rencontrer des assistantes sociales afin de connaître les possibilités qui existent.

Le travail permet de garder un lien social et surtout de sortir la tête de la maladie, cependant il ne doit pas devenir une cause de mal-être…Après être tombée malade, on se rend compte à quel point la vie est précieuse et bien trop courte, pour faire quelque chose qui ne nous plait pas ou nous rend malheureux. Il n’est jamais trop tard pour réaliser ses rêves et faire ce que l’on a envie de faire par-dessus tout. Travailler auprès des femmes malades hors des milieux hospitaliers, comme prothésiste ongulaire m’à permis d’associer mes deux passions, celle du médical et celle de la cosmétique. J’ai trouvé un sens à ma maladie grâce à cela et je compte bien apporter mes conseils et mon soutien à ces femmes qui se battent contre le cancer et qui sont devenues des sœurs de combat.