Chou

Rencontre avec Chou

Nous avons le plaisir de vous présenter Chou , 37 ans, de la région Bordelaise, qui témoigne ici de son expérience de vie du cancer au travail.

Quelle est ta formation ? 

J’ai validé 4 ans d’études supérieures de langues étrangères et littérature

Quel métier exerces- tu ou aimerais-tu exercer ? 

Aujourd’hui je souhaite être agent administratif dans le domaine médico social

Pourquoi as-tu choisi ce domaine ? 

J’ai choisi ce domaine car il correspond à mes capacités intellectuelles, mes nouvelles capacités physiques et à ma sensibilité personnelle.

Quand tu as appris que tu avais un cancer, quelle était ta situation professionnelle ? 

Je venais tout juste d’entamer un congé parental de 3 ans avec de nombreuses activités bénévoles pour garder une vie sociale… (Rires!!)

As-tu choisi d’en parler à ton entourage professionnel ?

Non, j’avais l’impression que personne ne pourrait m’aider.

Comment les gens ont-ils réagi ? 

Mes proches ont été surpris, choqués, mais très bienveillants et attentionnés.
Mes collègues bénévoles, lorsqu’ils ont appris la « nouvelle », m’ont complètement zappée du jour au lendemain…!

As-tu continué à travailler ou à te former ou t’es-tu arrêtée pendant les traitements ? 

Non, j’ai « profité » de mon congé parental, j’ai arrêté toutes mes activités bénévoles le temps des chimiothérapies car elles m’ont complètement anéantie sur le plan physique et moral.

As-tu rencontré des difficultés particulières ? 

Cette maladie a été un véritable parcours du combattant !

J’ai découvert à mes dépends que quand on est mère au foyer, avec deux enfants en très bas-âge (un bébé et un enfant de moins de deux ans à l’époque) et relativement jeune (j’avais 33 ans) on passe au travers de toutes les possibilités d’aide.

Financièrement ça a été très difficile, étant en congé parental, je n’avais droit à rien car je ne pouvais pas justifier d’une incapacité de travailler.

J’ai la chance d’être mariée, mais malgré le salaire de mon époux nous avons du vider nos économies pour pallier aux nombreux frais imprévus.

J’ai contacté ma mutuelle pour avoir une aide financière ou physique à domicile mais, aux vues de mon « trop jeune âge », je n’ai rien obtenu une fois encore.

Professionnellement je me suis pris un mur en pleine tête!

Il était inconcevable pour moi de reprendre mon ancienne activité professionnelle qui impliquait beaucoup de déplacements, d’horaires décalés et de fatigue physique.

Qu’est-ce qui et/ou qui t’a aidé ? 

Mes proches nous ont sauvés! Ils nous ont aidés à leur tout petit niveau, ils ont fait le taxi entre crèche et maison, les supers nannys certains week-ends, les cuisstos, livreurs à domicile etc.

Le service de PMI près de chez moi a été d’une aide très précieuse.

J’ai été accompagnée par une assistante sociale très compétente et bienveillante, je ne la remercierai jamais assez pour son aide et ses encouragements!

Elle m’a aidée à débloquer des financements pour mettre mes deux enfants à la crèche au moins le temps des traitements.

Elle m’a également permis d’avoir l’intervention d’une travailleuse sociale à mon domicile quelques heures par semaine.
La TISF m’aidait dans les tâches quotidiennes telles que le ménage, elle accompagnait les enfants au parc les jours où je ne pouvais même plus me lever du lit ou du canapé.

Quand on est tout juste deux fois maman, et en congé parental de surcroit ,c’est très difficile de se voir en incapacité physique et financière de s’occuper de ses enfants.

Le blog décalé et tellement juste de la pétillante LILI SOHN a été une bouffée d’oxygène et de rires.

Qu’est-ce qui et/ou qui aurait pu t’aider ? 

J’aurais aimé avoir une écoute attentive de ma détresse et de mes symptômes.

Je suis tombée malade lors de ma grossesse, la pose d’un diagnostic précis a mis des mois à arriver, j’aurais pu perdre mon bébé et y rester face à la négligence de certains médecins qui ont trop facilement assimilé mes nombreux symptômes à de la dépression.

J’aurais également aimé ne pas avoir à sans cesse justifier mon état de santé face aux services administratifs de la CPAM et face à certains recruteurs peu délicats.

Je ne compte plus le nombre de fois où je me suis retrouvée en culotte devant les médecins du travail pour leur permettre de compter le nombre de cicatrices sur mon corps (une dizaine, bien cachées heureusement).

Et dans un monde de Bisounours j’aurais voulu que certaines personnes qui me croisaient dans la rue s’abstiennent de leurs commentaires stupides et méchants.

J’avais une carte de stationnement pour personnes handicapées car certains jours je pouvais à peine marcher à cause de douleurs musculaires et osseuses.

J’avais fait le choix de mener une vie la plus normale possible, mais quelque part je n’avais pas vraiment le choix car j’étais souvent seule avec mes deux petits.

Je me souviens d’un jour, devant la pharmacie, une dame de mon âge me voyant garée sur une place handicapé et disant à son fils en me regardant droit dans les yeux: « certaines personnes méritent qu’on leur coupe les jambes car ils profitent des stationnements qui ne leurs sont pas réservés. »

Quel a été l’impact du cancer dans ta vie professionnelle ?

Ce qui a été difficile c’est les démarches auprès de la MDPH et de la CPAM pour faire reconnaitre mon handicap car j’ai gardé des séquelles suite aux traitements.

Quand on est atteint d’un handicap invisible certaines personnes ont tendance à croire qu’on exagère les symptômes, que nos douleurs sont psychosomatiques et pas physiques.

Je fais toujours du bénévolat, moins souvent mais avec beaucoup de coeur à l’ouvrage.

Aujourd’hui je me passionne pour la santé environnementale d’une part, et l’aide aux malades, handicapés et accidentés de la vie grâce à l’association bordelaise ADDAH33 ( https://addah33.com/ )

Coté organisationnel j’ai été obligée d’adapter mes horaires de travail.

Je suis actuellement en recherche d’un temps partiel, mon salaire est complété par une pension d’invalidité qui m’est versée par la CPAM.

Cela me permet de travailler sans m’épuiser à la tâche, en espérant qu’un jour viendra où je serai de nouveau apte à travailler à temps plein…

A condition qu’un recruteur accepte de me donner une opportunité!

As-tu changé de métier / parcours ? Ou développé un nouveau projet ? 

J’ai pris un gros virage professionnel.

Cette période de repos largement forcé (et je pèse mes mots!) m’a permis de faire le point sur Moi, Ma Vie, Mon Oeuvre , ahahah!

J’ai également ouvert un blog. J’écris en dilettante, parfois sur la maladie, parfois pas.

http://simplecommechou.com/cancer-du-sein-conseils-utiles-maladie-et-ses-consequences/

A ton avis, quelles qualités et compétences as-tu gagné en étant confronté à cette maladie ? 

Je fais désormais partie des amoureux de la vie. Je pense chaque jour à ceux qui n’ont pas eu ma chance et, pour eux, je me fais un plaisir de VIVRE !

Les petits tracas du quotidien ne n’atteignent plus, je trouve du positif en chaque situation, je ne perds plus mon temps avec les soucis professionnels, je prends du temps de qualité pour mes proches.

« Avant » je doutais beaucoup de moi. A présent je crois en mes capacités, je sais que si j’ai réussi à terrasser La Grande Faucheuse je suis capable d’accomplir tous mes rêves .

Moi, la littéraire, je me suis formée à l’informatique, j’ai développé mon réseau social et professionnel.

Je n’ai plus aucun préjugé, j’ose tout : voyager, réaliser un shooting photo ou monter à moto pour Octobre Rose, postuler pour un métier dont le profil semblerait ne pas me correspondre.

Comment as-tu connu Allo Alex, as-tu déjà testé les services? 

Je suis tombée sur Allo Alex au hasard de mes recherches d’emploi sur le web.
Je n’ai pas encore eu l’occasion de tester vos services mais j’ai beaucoup regardé votre plateforme et je pense qu’elle pourra aider de nombreuses personnes.

As-tu quelque chose à rajouter ou des infos essentielles que tu aimerais partager ? 

A travers mon témoignage je souhaite adresser un message d’espoir et de Vie à tous les malades et leurs aidants, leur dire de ne jamais baisser les bras, jusqu’au bout, même quand tout semble perdu.

Je remercie les agents de Cap Emploi qui m’ont permis de rebondir professionnellement après des années de combat médical, administratif et financier.

Je vous félicite Allo Alex pour votre engagement, nous avons grand besoin de services tel que le votre!

Si par hasard un ou des recruteurs me lisent, s’il vous plait, comprenez que « nous » ne sommes pas JUSTE des malades ou anciens malades.

Nous sommes des personnes à part entière, des professionnels tout comme vous, avec ce petit truc en plus qui fait que nous n’abandonnons JAMAIS ! ^^

Pour finir je voudrais remercier ce cancer qui a failli m’ôter la vie et qui, finalement, m’a permis de VIVRE !

(Je pose ici une vidéo rigolote, que j’ai eue grand plaisir à tourner en collaboration avec un collectif de blogueuses, pour sensibiliser au dépistage du cancer du sein, ça n’arrive pas qu’aux autres!)

https://youtu.be/y7Y49mKrHio