Benoît Desprez Portrait

Rencontre avec Benoît

Benoît Desprez, infographiste, illustrateur et auteur de la BD « Chauve(s) », nous apporte son témoignage sur son expérience avec le cancer, pas en tant que malade mais en tant qu’aidant proche.

Quelle est ta formation ?

J’ai une formation de dessinateur en Génie Civil. Le reste je l’ai appris tout seul.

Quel métier exerces- tu ?

Je travaille comme infographiste et illustrateur. Je suis indépendant depuis 1000 ans, et j’aimerai être salarié. J’y suis d’ailleurs presque arrivé l’an dernier.

Pourquoi as-tu choisi ce domaine ?

Ce me semblait la voie la plus logique. Je travaillais dans des cabinets d’architectes, à l’époque du Franc et quand ils avaient encore besoin de dessinateurs, et puis petit à petit j’ai commencé à faire des dessins pour les uns, les autres, puis des mises en page (sans ordinateur à l’époque), et de fil en aiguille je me suis installé à mon compte

Quelle est ton lien avec la maladie  ? 

Je n’ai pas eu de cancer, c’est ma compagne de l’époque qui en a eu un.

Quelles étaient vos situations professionnelles lors de cette épreuve  ? 

Je pense qu’elle le savait depuis 1 an ou deux, mais qu’elle a retardé le moment du diagnostic le plus longtemps possible. Quand elle s’est enfin décidée, elle venait juste d’être licenciée. Elle travaillait jusque là dans une chaine de déstockage de livres (genre Maxi-Livres)
Et moi j’étais Freeelance, donc bien plus disponible.

As-tu choisi d’en parler à ton entourage professionnel ? 

Mon entourage professionnel se limite à mes clients. Alors non, je n’en ai pas parlé. Ils ont fini par l’apprendre, mais de loin en loin. Pas directement par moi.

Comment les gens ont-ils réagi ?

Généralement les gens se sont montrés plutôt compatissants.

Comment as-tu accompagné la personne malade ?

J’ai déménagé chez elle pour être le plus disponible possible, prendre en charge l’intendance de la maison, m’occuper de ses enfants, les emmener à l’école, au centre de loisir le mercredi, faire les courses, les repas etc. Une vraie petite fée du logis.

Quel a été l’impact sur ta propre vie professionnelle  ?

J’ai peu à peu cessé complètement mon activité pro

Cela a aussi changé ma vision du monde, je crois. Je me tiens plus a distance des problèmes matériels depuis, me disant que tout cela n’est finalement que du matériel. Et que ce n’est pas ça l’important. Evidemment, c’est pratique et confortable d’avoir un peu d’argent, un toit sur la tête, une voiture pour se déplacer, mais au final l’important c’est la vie de la personne qu’on aime. Et la sienne, par extension.

As-tu rencontré des difficultés particulières ? 

J’ai évidemment eu des soucis de boulot, parce que j’étais moins disponible pour réaliser les travaux qui m’étaient demandés. Donc ça a engendré des problèmes financiers à force ! C’est peut-être la plus grosse difficulté à surmonter. Pour le reste nous nous épaulions l’un l’autre !

Qu’est-ce qui et/ou qui t’a aidé ?

J’avais coutume de répondre que c’est moi qui étais là pour aider. Avec le recul, nous nous aidions mutuellement. J’ai eu des moments extrêmement compliqués à gérer émotionnellement et elle me soutenait. Nous avions aussi le soutien de quelques amis. Et puis la photographie. Nous faisions énormément de déambulations photographiques. Elle en a fait son métier, depuis, je crois.

A ton avis, quelles qualités et compétences as-tu gagné en étant indirectement confronté à cette maladie ?

Aucune idée. Je suis peut-être moins un sale con qu’avant…

Après cette expérience, as-tu changé de métier / parcours ? Ou développé un nouveau projet ?

J’ai essayé de démarrer une nouveau projet de BD. J’essaie encore. Ca va venir. Sinon, non. Je suis toujours Benoit desprez, illsutrateur infographiste indépendant, faute de mieux

Comment as-tu connu Allo Alex, as-tu déjà testé les services?

Par le biais de cette conférence. Je n’en avais jamais entendu parler avant.

As-tu quelque chose à rajouter ?

J’ai travaillé cette BD comme ça venait. Je n’ai pas spécialement réfléchi à une méthode, une astuce ou quoi que ce soit. Juste qu’il fallait que j’exprime ce que nous vivions. Je ne me considère qu’à grand peine comme « auteur de bande dessinée » ou « artiste ». Je trouve qu’il faut une sacrée dose de prétention pour y parvenir sans gène. Et je suis peut-être un sale con, mais je n’ai pas de prétention sur le travail artistique que je peux fournir.