Photo stephanie

Rencontre avec Stéphanie

Stéphanie habite dans le Val d’Oise et exerce la profession d’avocate. Elle a 45 ans, est mariée et maman de 2 enfants. Elle a traversé l’épreuve du cancer et nous apporte son témoignage sur la manière dont elle a concilié maladie, traitements et travail.

Quelle est ta formation ?

J’ai un DEA de droit des affaires et le CAPA (certificat d’aptitude à la profession d’avocat).

Quel métier exerces- tu ?

Je suis avocate depuis 17 ans.

Pourquoi as-tu choisi ce domaine ?

Mes études de droit m’ont naturellement portées vers cette voie que j’avais un peu choisie par hasard au départ.

Quand tu as appris que tu avais un cancer, quelle était ta situation professionnelle ? 

Je travaillais comme avocate en profession libérale. J’exerçais seule en cabinet individuel.

As-tu choisi d’en parler à ton entourage professionnel ? 

Je ne l’ai pas crié sur les toits mais ne l’ai pas caché non plus. Plusieurs confrères se sont manifestés pour m’aider. J’en ai aussi parlé à certains clients pour leur permettre de confier leur dossier à quelqu’un d’autre.

Comment les gens ont-ils réagi ?

Certains confrères m’ont été indispensables pour pouvoir poursuivre mon activité et ont été très présents. Certains autres ont été totalement indifférents à la situation. L’ordre des avocats ne s’est pas du tout manifesté, ce que j’ai pris la peine de lui reprocher par écrit une fois sortie de cette situation. Notre profession est très attachée à ce que l’on appelle la confraternité, mais je n’ai pas vraiment ressenti cette confraternité de la part de mes instances représentatives. Pour les clients, certains ont été très compréhensifs et d’autres totalement odieux.

As-tu continué à travailler ou à te former ou t’es-tu arrêté pendant les traitements ?

J’ai continué à travailler durant tout le temps de ma maladie avec quelques arrêts de travail de quelques jours après l’opération et après chaque chimiothérapie et un arrêt un peu plus long pendant la radiothérapie.

As-tu rencontré des difficultés particulières ? 

L’organisation a été très compliquée puisqu’il a fallu anticiper chaque audience pour me faire remplacer quand c’était nécessaire. J’ai pris très peu de nouveaux dossiers durant cette période et mes bénéfices ont donc beaucoup diminué. J’ai ressenti cette perte financière sur plus d’une année après la fin des traitements. Je n’ai en outre pas toujours été très efficace au travail et ai ressenti un sentiment d’impuissance.

Qu’est-ce qui et/ou qui t’a aidé ?  

L’aide de mes confrères a été très précieuse ainsi que celle de mes proches.

 Qu’est-ce qui et/ou qui aurait pu t’aider ?

L’ordre des avocats devrait mettre en place un réseau d’aide sur lequel on devrait pouvoir compter et se charger de prendre contact avec la personne malade dès qu’il apprend la maladie.

Quel a été l’impact du cancer dans ta vie professionnelle ?

L’impact a été une grande perte financière et le sentiment de recommencer à zéro lorsqu’il a fallu reprendre une activité normale. Je suis par contre beaucoup moins stressée au travail depuis la maladie.

As-tu changé de métier / parcours ? Ou développé un nouveau projet ?

Non

A ton avis, quelles qualités et compétences as-tu gagné en étant confronté à cette maladie ?

Moins de stress, plus d’assurance

Comment as-tu connu Allo Alex ?

Par facebook

As-tu quelque chose à rajouter ou des infos essentielles que tu aimerais partager ?

La situation des travailleurs indépendants est très délicate car arrêter de travailler équivaut à fermer la boutique, parfois définitivement. On n’est pas du tout alerté sur le risque de tomber malade, surtout quand on est jeune et qu’on débute, et on ne souscrit pas les assurances prévoyances adaptées. Pour 10 mois de traitements, je n’ai perçu que 8.000 € d’indemnités alors que je devais continuer à payer mes charges calculées sur la base de mon résultat de l’année précédente. Si j’ai continué à travailler, je n’ai traité que les dossiers en cours et n’ai donc rentré que très peu d’honoraires.

Néanmoins, si continuer à travailler a été une nécessité, ça a aussi été d’une grande aide durant les traitements. L’activité intellectuelle permet de ne pas trop penser à la maladie et s’apitoyer sur son sort.