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Rencontre avec Karen

Karen a 34 ans et est maman d’un garçon de 15 ans. On lui a diagnostiqué un cancer alors qu’elle avait 27 ans et était vendeuse-conseillère dans une entreprise de téléphonie mobile. Aujourd’hui, elle est chargée de projet chez Kepler RH et sera votre interlocutrice sur la hotline Allo Alex dès le lundi 3 octobre.

Quel est ton métier ?

Chargée de mission au projet du cabinet KEPLER HR et interlocutrice de la hotline ALLO ALEX !

Depuis quand l’exerces-tu ?

Je commence lundi prochain !

Pourquoi l’as-tu choisi ?

J’ai fait de belles rencontres, l’opportunité est venue à moi, et j’adhère complètement au concept, valeurs, projets et services de ce cabinet. Je l’ai choisi car je sais que je vais d’une part m’épanouir professionnellement car je vais faire un tas de choses différentes ce qui va me permettre de gagner en compétences, mais surtout parce que je sais que le travail que je vais fournir va aider des personnes qui traversent ou ont traversé directement ou non la maladie.

Quand tu as appris que tu avais un cancer, quelle était ta situation professionnelle ?

En 2009, (27 ans) lorsque j’ai appris que j’avais un cancer, j’étais salariée en CDI en tant que vendeuse/conseillère dans une boutique de téléphonie mobile.

As-tu choisi d’en parler à ton entourage professionnel ?

Oui, dès l’annonce de la maladie, quelques minutes après, j’ai appelé mon responsable pour lui dire d’une part que je ne viendrai pas travailler ce jour-là, et pour une durée indéterminée et d’autre part, pour lui donner le motif : « J’ai un cancer ». J’ai directement exprimé le nom de ma maladie. J’ai aussi, un peu plus tard, envoyé des sms à mes collègues avec qui je m’entendais très bien pour les prévenir.

Comment les gens ont-ils réagi ?

Cette annonce a été faite par téléphone, et j’ai senti un malaise, un blocage de la part de mon responsable qui lui, ne trouvait rien à dire pendant un court instant, l’annonce n’a pas été très délicate, certes, mais à cet instant-là, j’étais en pleurs et ne comprenais déjà pas moi-même ce qui était en train de se passer dans ma tête et dans mon corps, ni dans quelle situation je me trouvais. Ensuite, lui aussi a été maladroit, en me disant « oh merde, ça craint, je suis désolé ».Puis, il m’a questionnée sur la durée de mon arrêt, pour prévoir mon remplacement. Chose que je ne savais absolument pas et dont je me fichais un peu, ce n’était pas du tout ma priorité du moment de savoir qui et combien de temps on allait me remplacer. Malgré cette réaction de sa part face à mon annonce, ce que je ne lui reproche absolument pas car on est bien souvent pas préparé à une annonce pareille, nous avons quand même tout le long eu de bons rapports professionnels, mes collègues et lui prenaient régulièrement de mes nouvelles, et je passais les voir de temps en temps. Un moyen de m’assurer que je ne perdais pas ma place dans l’équipe.

As-tu continué à travailler ou t’es-tu arrêtée pendant les traitements ?

Je me suis arrêtée tout le long des mes traitements, par choix personnel. J’avais besoin de me concentrer sur cette guerre que je menais.

As-tu rencontré des difficultés particulières ?

Oui, évidemment que l’arrêt de mon activité professionnelle a posé des difficultés. Avant tout, les difficultés financières sont apparues. Lorsqu’on travaille dans le commerce et que le salaire est composé de primes de ventes, la différence se fait vraiment ressentir lorsque nous ne pouvons plus obtenir ces primes. Ensuite, même si cela était vraiment un choix de ma part de m’arrêter lors de mes traitements, je me suis sentie, malgré tous les efforts de chaque côté pour garder le lien, mise à l’écart. Je me suis ennuyée, je ne me sentais pas utile, mon travail me manquait, (mes collègues, mes clients, mes challenges, mon rythme de vie). Pourtant, être malade, croyez-moi, ça occupe, entre les traitements, les rendez-vous médicaux, et les démarches administratives à effectuer, les journées sont bien remplies. J’ai la chance d’avoir été très entourée par mes proches, famille et amis, ce qui m’a permis de bien gérer l’aspect organisationnel. Par contre, l’aspect émotionnel était plus dur à gérer pour moi, même si je ne montrais rien à personne. Difficile pour moi de reconnaître avoir eu besoin d’aide et de soutien. Peut-être une fierté mal placée…ou alors tout simplement j’ai eu du mal à accepter le fait d’être affaiblie.

Qu’est-ce qui t’aurait aidée ?

Je ne suis jamais allée voir de psy, je n’en ressentais pas le besoin, je faisais la « warrior » et avec du recul, je pense que cela m’aurait aidé et fait du bien. Il n’est pas trop tard !

Qu’est-ce qui t’a aidée ?

Le soutien et l’amour de mes proches. Dans le cadre professionnel, le contact que nous avons gardé tout le long de cette épreuve avec mon équipe, même si j’étais en arrêt maladie.

Qui t’a aidée ?

Mon entourage professionnel et personnel, les professionnels de santé, (c’est quand même grâce à l’équipe médicale et aux soins apportés que je peux aujourd’hui répondre à cette interview), mon fils, ma motivation première de me battre.

Quel a été l’impact du cancer dans ta vie professionnelle ?

Après mes traitements, j’ai repris mon activité à temps plein en janvier 2010. Cependant, quelques temps après, on m’a découvert une ostéonécrose de la tête fémorale, aléa thérapeutique de mes traitements contre le cancer. J’ai de nouveau été en arrêt maladie de longue durée, puisque me tenir debout toute la journée m’était impossible. On m’a posé une prothèse totale de hanche en décembre 2011, et je n’ai jamais repris mon poste car licenciée pour inaptitude médicale en mai 2012. Si j’ai traversé de nombreuses périodes de doutes, périodes difficiles lorsque j’étais confrontée à plein de refus lors de mes demandes d’emploi, période de chômage et de difficultés financières, j’ai su revoir mes ambitions et faire le nécessaire pour atteindre mes objectifs. J’ai repris mes études en 2013, j’ai préparé un BTS assistante de manager en alternance que j’ai obtenu. C’est lors de ce contrat de professionnalisation et dans le cadre d’un groupe de travail au sein de mon entreprise avec Cancer@work que j’ai rencontré Anne-Sophie TUSZYNSKI qui devient aujourd’hui mon employeur.

As-tu changé de métier ? Ou développé un nouveau projet ?

Oui, j’ai complètement changé de domaine professionnel et je suis ravie d’avoir trouvé un emploi qui me plaît, qui est adapté à mon état de santé, et qui, me permet à mon tour d’aider des malades, anciens malades ou leurs proches.

Quelles difficultés as-tu rencontrées ?

La recherche d’emploi a été une grosse difficulté, ma reprise d’études un sacrifice (bon sacrifice) mais difficile à 31 ans de se remettre dans les cours en gérant une vie de maman à côté.

Qu’est-ce qui t’aurait été utile ?

Je crois que j’ai eu les contacts utiles pour m’aider dans ma reconversion professionnelle, mais ce qui est certain, c’est que sans la volonté personnelle, sans détermination et courage, les contacts ne suffisent pas.

A ton avis, quelle qualité as-tu gagnée en étant confrontée à cette maladie ?

J’ai gagné en force, courage et empathie. Cette maladie m’a fait reprendre confiance en moi bien que parfois j’ai été confrontée à des difficultés qui auraient pu me faire baisser les bras. Cette maladie m’a permis aussi de me trouver de nouvelles compétences, de nouvelles envies, une orientation professionnelle qui me correspond vraiment.

 A ton avis, quelle compétence as-tu développée en étant confronté à cette maladie ?

La maladie m’a permis de développer de l’empathie, de la créativité, mon sens relationnel et organisationnel, et ma gestion du stress et des priorités, La maladie n’a pas été que négative pour moi, certes cela a perturbé ma vie professionnelle, je suis passée par plusieurs étapes difficiles, cependant, aujourd’hui, je dois admettre que cela m’a permis de me dépasser. Je me suis battue pour combattre la maladie, je me suis également battue pour que le cancer ne me gâche pas ma vie professionnelle. Et désormais, je me sens plus riche en qualités, en compétences et en ambitions. Je vais m’épanouir dans mon travail, et dans tous mes projets professionnels. Je sais ce que je veux et ce que je ne veux plus. Je me sens prête à recommencer une nouvelle vie, une renaissance professionnelle. Et en tant qu’interlocutrice d’ALLO ALEX, je serai ravie de pouvoir vous aider et vous soutenir dans ces épreuves ! A bientôt !